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Poignardé à mort en défendant son amoureuse contre son ex violent

Le jeune homme de 27 ans aurait été assassiné par l’ex de sa nouvelle conjointe, vendredi dernier

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L’homme qui a été poignardé à mort pour une chicane de chien vendredi dernier à Montréal voulait simplement défendre sa copine contre son ex-conjoint, violent et manipulateur, selon cette dernière.

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«C’est ironique. Lui [la victime] et moi, ç’a commencé parce qu’il voulait me protéger de mon ex», lance Sarah Piché-Senécal, agenouillée devant le mémorial confectionné en l’honneur de Rance Sullivan.

La femme de 34 ans a accepté de se confier au Journal au sujet de son copain de 27 ans qui a perdu la vie, pour dénoncer les effets pervers de la violence conjugale.

L’homme de 27 ans a été poignardé à mort par l’ex-conjoint de sa copine, vendredi dernier, à Montréal.
Photo tirée de Facebook
L’homme de 27 ans a été poignardé à mort par l’ex-conjoint de sa copine, vendredi dernier, à Montréal.

Elle ne peut s’empêcher de fondre en larmes, lorsque des résidents du secteur s’arrêtent pour lui offrir leur soutien et leur sympathie, sur les lieux du meurtre qui est survenu vendredi dernier.

Ce matin-là, vers 5 h, le couple s’apprêtait à aller marcher avec Molly, un labrador retriever noir de 5 ans, quand l’ex-conjoint de la dame, Theodore Gliga, aurait surgi à la porte de leur appartement du Mile-End pour s’emparer de l’animal.

Photo Jonathan Tremblay

En liberté sous conditions, Gliga était pourtant assigné à résidence, et n’avait le droit de s’absenter de chez lui que pour des urgences ou pour le travail.

«C’était vraiment inattendu. Ça fait plus d’un an qu’on n’est plus ensemble. J’ai essayé qu’on reste amis, de l’aider. Le syndrome de Stockholm, c’est vicieux», confie Mme Piché-Senécal.

Celle-ci dit même avoir récemment dû changer de numéro personnel, tellement Gliga se serait montré «harcelant».

«J’aurais dû partir plus tôt. Je le regrette tellement», poursuit-elle.

La police de Montréal a passé la scène au peigne fin, sur la rue Jeanne-Mance, dans le quartier Mile-End.
Photo d'archives
La police de Montréal a passé la scène au peigne fin, sur la rue Jeanne-Mance, dans le quartier Mile-End.

Frappé aux côtes

Tenant à ce que sa chienne ne serve pas à la manipuler, la femme ne s’est pas opposée à ce que son ex l’emmène.

Témoins de la scène, Rance Sullivan et son ami Justin Hunt, 29 ans, se sont portés à sa défense, en allant récupérer Molly.

C’est là que l’altercation a dégénéré. 

Le suspect aurait alors attaqué le jeune homme, qui a été atteint aux côtes.

«Rance marchait vers moi, raconte M. Hunt. Il était fier qu’on ait résolu la situation [du chien], puis il s’est effondré. On est resté avec lui jusqu’à son dernier souffle.»

Son décès a été constaté sur place, près du trottoir de la rue Jeanne-Mance, à quelques pas de la rue Bernard.

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Ex jaloux

Le suspect a quant à lui été arrêté quelques heures après que se fut joué le drame, près de chez un de ses amis. Il n’aurait pas résisté à son arrestation.

«J’aurais dû m’en douter. Theodore était fâché que je sois avec Rance. On était dans une relation très toxique. Il était manipulateur et contrôlant, raconte Mme Piché-Senécal. Mais je ne peux pas m’en vouloir.»

Cette dernière se dit convaincue que son ex aurait agi de la sorte devant quiconque aurait voulu s’interposer entre eux.

«Je ne peux pas dire que c’était planifié [l’attaque], mais de la façon qu’il l’a poignardé, [le suspect] savait ce qu’il faisait. Rance était un obstacle entre lui et moi», croit celle qui a tenu dans ses bras son amoureux ensanglanté.

Traumatisée, Mme Piché-Senécal n’hésite toutefois pas à prendre parole pour aider d’autres victimes de relation abusive.

Photo Jonathan Tremblay

«Si une personne voit de la violence conjugale, il faut qu’elle brise l’isolement, afin de ramener la victime à la réalité», reprend-elle, tout en flattant Molly.

Avenir meilleur

Après avoir passé des moments de leur vie difficiles, chacun de leur côté, les deux nouveaux amoureux entrevoyaient finalement de l’espoir, «ensemble».

«Je devenais meilleure. Rance m’aidait, et je savais qu’il m’aimait beaucoup», raconte Mme Piché-Senécal, à propos de son copain, que ses proches qualifiaient de «rassembleur».

«Pour lui, rien n’était grave. Il n’était rancunier envers personne, ajoute son amie Tina Scalia, 23 ans, qui a organisé une campagne de sociofinancement pour les funérailles. Ça ne semble pas encore réel.»

– Avec Antoine Lacroix


Theodore Gliga, 28 ans, a été accusé jusqu’à présent d’avoir été en liberté sans raison valable. Son dossier doit revenir devant le tribunal aujourd’hui.

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