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Il rogne sur ses profits pour aider à loger les travailleurs étrangers

Des centaines d’unités d’habitation seront construites pour accueillir les TET

Patrice Bastien (secrétaire-trésorier), Robert Steid
Photo courtoisie Patrice Bastien, secrétaire-trésorier de Gestion et Construction Blueprint, Robert Stead, président de l’Association Aide à l’immigration Canada, et Normand Cesare, président de Gestion et Construction Blueprint, estiment avoir leur rôle à jouer pour aider nos entreprises, qui peinent à loger leurs travailleurs étrangers.

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Un entrepreneur en construction issu d’une famille modeste va sabrer ses profits pour bâtir 400 unités de 85 millions $ pour les travailleurs étrangers temporaires (TET) aux quatre coins du Québec pour redonner au suivant.

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« C’est venu me chercher parce que mes arrière-grands-parents sont arrivés d’Italie et de Lituanie », confie avec émotion au Journal Normand Cesare, président de Gestion et Construction Blueprint, fondée il y a six ans.

« Ma mère a élevé six gars toute seule. On a appris ça jeune. Des paniers de Noël, on en a eu. Aujourd’hui, on en redonne », poursuit l’entrepreneur engagé de Marieville, en Montérégie. 

Dans Plusieurs régions du Québec

Avec son associé, Patrice Bastien, il s’apprête à construire des centaines d’unités pour les travailleurs étrangers temporaires (TET) au Québec.

Shawinigan (120), La Sarre et Notre-Dame-du-Nord (48 chacune), Buckland (96) et dans la MRC de Montmagny (72) font partie des communautés où seront construits les logis.

« Ça sera des immeubles neufs, propres, écoénergétiques, pleinement meublés. Ça va jusqu’aux ustensiles et aux napperons », lance Patrice Bastien.

« On travaille sur deux pénuries en même temps : main-d’œuvre et logement », résume l’entrepreneur actif dans le milieu bénévole de son coin.

100 000 logements manquants

Au Québec, il manque toujours un bon 100 000 logements, selon l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).

En félicitant le gouvernement Legault fraîchement réélu, son PDG, Maxime Rodrigue, n’a pas manqué de lui rappeler l’urgence « de déployer une politique sérieuse ». 

« On n’a pas le choix. On a entendu des employeurs qui achetaient des maisons unifamiliales pour les convertir en unités pour les travailleurs étrangers temporaires », a illustré son directeur du service économique, Paul Cardinal.

Pour Robert Stead, président de l’Association Aide à l’immigration Canada, un organisme sans but lucratif, qui a eu l’idée de ces unités, il faut bouger.

« On a 91 personnes qui ont un permis, mais qui ne peuvent pas atterrir faute de logements », déplore l’homme à la tête d’une trentaine d’employés.

Pas de ghetto

Au Journal, Robert Stead insiste : pas question pour lui de « créer des ghettos », alors il se refuse de mettre ensemble des gens d’un même pays.

« On mélange. Par exemple, quatre Colombiens, quatre Tunisiens, quatre Chinois, quatre Thaïlandais et quatre Québécois pour les aider à s’intégrer plus facilement », explique-t-il.

« On ne veut pas créer de ghettos », conclut-il.

Au total, l’Association Aide à l’immigration Canada a pour objectif la construction de plus de 2500 unités de logement supplémentaires au cours de la prochaine année. 

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