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Les Québécois, un grand peuple?

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le premier ministre du Québec, François Legault

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Reprenant la déclaration de René Lévesque dans son discours de victoire, en y amputant le « peut-être », François Legault parlait des Québécois comme d’un grand peuple.

En 1976, lorsqu’il a lancé son cri d’exaltation, René Lévesque s’inscrivait dans la mouvance d’une libération nationale. Il y avait matière à croire à notre capacité de maîtriser notre destin tout en ne chantant pas trop vite victoire.

Le Québec enferré dans le multiculturalisme canadien, la déclaration du premier ministre Legault fait plus dans l’artifice que dans la sincérité. Il ne figurera pas dans la liste des libérateurs de peuple en entretenant une fierté fondée sur la dépendance canadienne.

On peut lui reconnaître ses compétences économiques et son charisme, on ne peut toutefois être aussi sûr de son jugement quant au sens à donner au mot « peuple ».

Un peuple occupe un espace commun, partage une culture qui s’exprime dans la langue, le mode de vivre et les arts, développe un projet rassembleur et se tourne vers le monde en toute assurance.

Il est difficile de se reconnaître comme peuple dans le projet flou auquel nous convie la CAQ.

La tranquillité

Cependant, il faut admettre que le semblant de nationalisme qu’offre François Legault recueille la faveur populaire.

Le peuple s’est transformé en population en quête de confort. Une population qui préfère la tranquillité aux révolutions tranquilles. Avoir l’air d’une nation qui s’affirme, bien que le chef provincial soit démuni face à la fédération canadienne.

Une telle attitude risque toutefois de nous mener tranquillement à notre disparition comme peuple et de nous réduire à une communauté culturelle du Canada.

De nature optimiste, je crois que les nations ne s’éteignent pas d’elles-mêmes et que l’heure du réveil sonnera éventuellement.

J’espère que ce jour-là, les Québécois n’auront pas été tellement dilués dans la fibre canadienne qu’ils ne seront plus en mesure de s’approprier leur destin.

La question est de savoir combien de temps encore la CAQ pourra continuer d’endormir les nationalistes.

L’impatience

Les résultats des dernières élections générales m’ont troublé plus que d’habitude.

Sans trop comprendre, j’aurais voulu croire au miracle du dégagement de la CAQ.

Je savais que c’était de rêver en couleur, car la CAQ voguait vers la victoire.

Pourtant, l’élection de la CAQ n’est pas une grande catastrophe. Nous continuons de vivre dans une démocratie. Nos institutions demeurent solides. Les conditions de vie demeurent bonnes pour la plupart du monde.

J’ai soudainement réalisé que c’est mon espérance de vie diminuée qui me rend plus aigri face à des résultats décevants.

Je sais que des jours meilleurs viendront, mais y serai-je présent ?

Même en courant plus vite que le temps, je ne le serai pas au train où va la libération du Québec face à la domination canadienne.

La Croatie a été sous domination étrangère pendant mille ans. Les premiers qui rêvèrent de liberté n’ont pas vécu l’aboutissement, cela n’en rend pas moins fiers les Croates aujourd’hui !

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