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Manifestation à Montréal: les Ukrainiens ne céderont pas à la peur

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Photo Agence QMI, Thierry Laforce

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Si les nouveaux bombardements russes font craindre aux Ukrainiens une escalade du conflit, plusieurs d’entre eux refusaient de céder à la peur ce lundi, lors d’une manifestation organisée devant le consulat russe de Montréal. 

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«C’est important d’être ici pour montrer notre colère, affirme Marta Martynuk, 23 ans, originaire de Lviv en Ukraine. C’est différent du mois de février, car cette fois-ci, nous ne pleurons pas. Les bombardements sont censés nous effrayer, mais ils nous unissent un peu plus.»

Marta Martynuk, Ukrainienne de 23 ans, lors de la manifestation organisée lundi après-midi devant le consulat général de la Fédération de Russie à Montréal.
Photo Youri Nabbad
Marta Martynuk, Ukrainienne de 23 ans, lors de la manifestation organisée lundi après-midi devant le consulat général de la Fédération de Russie à Montréal.

Lundi, une centaine d’Ukrainiens étaient en effet réunis devant le consulat général de la Fédération de Russie à Montréal, pour dénoncer les frappes russes ayant touché plusieurs villes en Ukraine quelques heures plus tôt.

«Poutine comprend qu’il perd et tente le tout pour le tout; ces bombardements relèvent du désarroi le plus total, pense Volodymyr Kouchnir, doyen de la cathédrale orthodoxe ukrainienne Sainte-Sophie de Montréal. C’est une attaque tragique, mais le régime russe finira par s’effondrer. Nous gagnerons cette guerre.»

rrivé au Québec fin août en provenance de Kyïv avec sa femme Olena et son fils Mark, Mohand Benarab se disait quant à lui «très inquiet» après cette nouvelle offensive russe.

«Poutine nous envoie un signal, il veut nous montrer qu’il est capable du pire, croit ce père de famille. Je crains une autre attaque d’une ampleur encore plus grande que celle d’aujourd’hui.»

Mohand Benarab, son fils Mark et sa femme Olena Humenchuk sont arrivés à Montréal en provenance de Kyïv au mois d’août.
Photo Agence QMI, Thierry Laforce
Mohand Benarab, son fils Mark et sa femme Olena Humenchuk sont arrivés à Montréal en provenance de Kyïv au mois d’août.

Faisant écho aux mots du président Volodymyr Zelensky, qui a affirmé après les attaques de lundi que l’Ukraine faisait affaire à des terroristes, plusieurs manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Russie, État terroriste», ou «Poutine, meurtrier».

«Je pense qu’il est temps que le Canada déclare officiellement la Russie comme un état terroriste, affirme Marta Martynuk. Négocier un traité de paix avec la Russie, ce serait fermer les yeux sur toutes les atrocités commises par ce régime depuis le début de la guerre.»

«La guerre n’est pas finie»

Pour Elena Altgauzen, bénévole à l’église catholique ukrainienne de Saint-Michel, ces nouvelles frappes doivent être considérées comme une piqûre de rappel.

«Ces dernières semaines, on voyait beaucoup de relâchement dans l’opinion publique, souligne-t-elle. À Kyïv, on voyait même des images de personnes allant tranquillement au travail ou au restaurant. Ces attaques viennent nous remettre les idées en place: la guerre n’est pas terminée.»

« Elena Altgauzen, bénévole ukrainienne à l'église catholique ukrainienne Saint-Michel de Montréal »
Photo Youri Nabbad
« Elena Altgauzen, bénévole ukrainienne à l'église catholique ukrainienne Saint-Michel de Montréal »

En larmes, la femme de 59 ans expliquait d’ailleurs qu'elle craint le pire pour sa sœur bloquée en Ukraine. D’autres réfugiés ukrainiens interrogés par Le Journal se disaient également inquiets pour leurs proches restés au pays.

«Même si mes parents sont des personnes pudiques qui ne montrent pas facilement leurs émotions, j’entends dans leurs voix qu’ils ont peur, explique Kateryna Armeeva avec émotion, elle qui est arrivée en juin dernier à Montréal. Ils sont restés à Zaporijia, et tous les matins c’est la même routine: je regarde les nouvelles avec énormément d’inquiétude.»

Kateryna Armeeva, originaire de Vassilievka, est arrivé à Montréal le 4 juin dernier après avoir fui l'Ukraine.
Youri Nabbad
Kateryna Armeeva, originaire de Vassilievka, est arrivé à Montréal le 4 juin dernier après avoir fui l'Ukraine.

Viktorria Babych, arrivée avec son mari à Saint-Apollinaire à la fin du mois de mai, a été informée des attaques russes par son fils de 20 ans, coincé à Kyïv à cause de problèmes administratifs.

« À son arrivée au Québec en provenance de Pokrovsk, Viktorria babych a été hébergée par Claudia Vidal, résidente de Saint-Apollinaire »
Photo courtoisie
« À son arrivée au Québec en provenance de Pokrovsk, Viktorria babych a été hébergée par Claudia Vidal, résidente de Saint-Apollinaire »

«J’étais en train de dormir quand mon garçon m’a appelée en panique pour m’expliquer que Kyïv était bombardée, raconte la femme de 42 ans, originaire de Pokrovsk. Je n’ai qu’un seul souhait, c’est qu’il puisse nous rejoindre ici le plus vite possible.»

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