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Menace nucléaire: un ours blessé peut être très dangereux...

Le président russe Vladimir Poutine
Photo AFP Le président russe Vladimir Poutine

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Nous vivons dans une époque bien particulière... Entre une guerre froide sous stéroïde et la récession qui s’installe graduellement, où parler de potentialité de tirs de missiles nucléaires est rendue chose commune, les défis sont gigantesques.

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L’invasion russe s’envenime et se dévoile comme beaucoup plus difficile à gagner pour Poutine que prévu. Le financement et les envois d’armes de l’Occident pour aider l’Ukraine à repousser l’agression, combinés à la ténacité du peuple ukrainien, mettent de nombreux bâtons dans les roues de la machine de guerre du Kremlin. Il n’est donc pas irréaliste de parler d’utilisation probable de missiles nucléaires en Ukraine, car un ours blessé est beaucoup plus dangereux face à l’adversité.

L’intérêt de Poutine

La Russie, comme nous le savons, est équipée d’une énorme quantité d’ogives nucléaires, plus que tout autre pays au monde. Poutine, dans son désespoir de se maintenir au pouvoir, devra faire des choix difficiles. La mobilisation partielle décrétée en Russie commence à créer du ressentiment au sein de la population, et une plus grande mobilisation remettrait en question les décisions du pouvoir.

Il est dans l’intérêt de Poutine (mais évidemment pas dans l’intérêt du reste du monde) d’utiliser un missile nucléaire tactique pour changer les règles du jeu. Ironiquement, en suivant l’exemple américain lors de la Deuxième Guerre mondiale, Vladimir Poutine pourrait prendre cette décision prochainement si la guerre se poursuit trop longtemps. Le président américain Joe Biden a lui-même réitéré récemment le risque grandissant d’un Armageddon nucléaire.

Historiquement, nous connaissons déjà l’efficacité des armes nucléaires pour imposer le rapport de force à l’échelle internationale. Les États-Unis, pour mettre fin à la guerre contre le Japon rapidement et minimiser du même coup le nombre de soldats américains qui seraient morts en tentant une invasion de l’île nippone, décident de lancer deux bombes nucléaires, une sur Hiroshima et une sur Nagasaki. L’effet est immédiat, la peur engendrée par une possible destruction complète du Japon met fin à la guerre et marque le début du Pax Americana.

Il est probable que la Russie, pour se garantir d’une victoire et mettre fin à la guerre rapidement, décide ainsi d’user du nucléaire avant que son propre peuple se frustre de la débâcle et demande des comptes au pouvoir en place.

Générer la peur

Puisque la capacité matérielle est insuffisante pour gagner la guerre, le seul outil qui lui reste c’est sa capacité d’user de sa force nucléaire pour générer de la peur.

J’espère du moins que l’on n’en arrivera pas jusque-là, car passé ce point de non-retour, le risque de guerre nucléaire devient important, et c’est un chemin que la race humaine n’a jamais emprunté jusqu’à maintenant. Dans les mots du fameux Albert Einstein: «Je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale, mais ce dont je suis certain, c’est que la quatrième guerre mondiale se résoudra à coups de bâtons et de silex.»

Le président russe Vladimir Poutine
Photo Agence QMI, Joël Lemay

Malik Guelmi, étudiant à la maîtrise en science politique en affaires publiques et internationales à l’Université de Montréal

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