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Après l'incident Nord Stream, la défense des fonds marins appelée à se renforcer

Après l'incident Nord Stream, la défense des fonds marins appelée à se renforcer
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Traversés d’infrastructures clés et riches en gisements, les fonds marins s’imposent comme un espace d’affrontement croissant dont la défense devient chaque jour plus cruciale, notamment après le sabotage présumé des gazoducs Nord Stream. 

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«La vraie révolution, ce sont les drones, qui vont apporter de la masse, de la performance et s’exposer là où des moyens humains s’exposeront sans doute moins. Mais ils apportent aussi des capacités aux adversaires, ce qui oblige à développer en parallèle des capacités pour s’en protéger», explique à l’AFP Éric Chaperon, conseiller défense navale chez l’industriel français Thales.

«Nous allons assister dans un futur proche à des combats drone contre drone, ou essaim contre essaim. Cela va bouleverser profondément les doctrines navales, d’abord parce qu’un drone à 5 000 euros peut provoquer des millions de dégâts à un bâtiment de guerre, mais aussi parce que l’emploi de ces moyens inhabités risque d’abaisser le seuil d’engagement sur les théâtres», fait savoir M. Chaperon.

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Ce sujet, et plus largement la question de la défense des fonds marins, seront au cœur de plusieurs tables rondes et démonstrations au salon international Euronaval, consacré au secteur naval de défense, qui s’ouvre mardi à Paris.

Thales, par exemple, y fera la promotion de son système entièrement dronisé et autonome de neutralisation des mines sous-marines, le MMCM, en phase d’évaluation opérationnelle par les marines française et britannique. L’industriel présentera aussi le dernier né de sa gamme de bouées acoustiques, la Sonoflash, ou son sonar tracté, Captas-4, récemment choisi par la marine américaine.

Modernisation continue

«Le sujet nouveau et interpellant du moment, c’est la question des grands fonds et on n’en est qu’au début», indique à l’AFP Hugues d’Argentré, directeur d’Euronaval. 

La question est particulièrement sensible après la découverte fin septembre de quatre énormes fuites sur les deux gazoducs Nord Stream reliant la Russie à l’Allemagne, provoquée selon les premières enquêtes par des détonations sous-marines et un très probable sabotage.

Depuis, un certain nombre de pays ont annoncé vouloir renforcer la surveillance de leurs infrastructures stratégiques au fond des mers, misant pour cela sur de nouvelles technologies.

La vulnérabilité de ces infrastructures «a remis la guerre sous-marine au centre de l’attention» même si les recherches n’avaient jamais cessé, souligne à l’AFP Brigham McCown, chercheur au Hudson Institute.

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Il s’agit d’améliorer les capacités sous-marines par grands fonds ou la discrétion acoustique des activités. 

«Les marines tentent constamment de mettre à jour leurs capacités à détecter et à identifier tout ce qui se trouve dans l’eau, à la fois par des techniques actives et passives», égrène M. McCown, insistant lui aussi sur l’importance des drones.

Parmi les projets les plus emblématiques en développement, le drone sous-marin autonome Orca XLUUV, développé par Boeing pour la marine américaine.

Ses missions pourraient aller de patrouilles en mer à des missions de reconnaissance, en passant par la guerre électronique ou la lutte contre les navires de surface.

La Chine planche de son côté sur une «grande muraille» sous-marine, vaste dispositif de capteurs et de drones sous-marins pour protéger ses installations en mer.

La France s’est-elle dotée mi-février d’une stratégie militaire pour surveiller les grands fonds marins, avec l’objectif de descendre à 6 000 mètres de profondeur d’ici 2025 via un robot avec cordon ombilical et un drone sous-marins? Ses capacités sont actuellement limitées à 3 000 mètres.

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Attention renforcée

Avec l’incident Nord Stream, «il est clair que l’attention portée aux infrastructures nationales critiques sous-marines (...) et leur vulnérabilité a été intensifiée», affirme à l’AFP Nick Childs, spécialiste des forces navales au centre de réflexion britannique internationale Institute for Strategic Studies (IISS).

D’une profondeur moyenne de 3 800 mètres, les fonds marins sont encore largement méconnus, mais leur accès se démocratise et attise les convoitises.

Outre d’importantes ressources en gaz ou en pétrole, certains fonds contiennent divers métaux rares. Y circulent aussi des infrastructures clés comme des gazoducs, et sur près d’un million de kilomètres, quelque 500 câbles acheminant plus de 90 % des communications et flux internet mondiaux.

La «dépendance à ces infrastructures critiques» a beaucoup augmenté et «pouvoir (les) protéger en totalité (...) n’est pas une mince affaire», pointe M. Childs.

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