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Des femmes voilées visées par une série d’incidents haineux à Montréal-Nord

Une série de trois incidents haineux visant des femmes voilées qui seraient survenus en quelques jours à Montréal-Nord préoccupent des membres de la communauté musulmane, comme Mahjouba Fahim, posée ici devant la Mosquée Noor Al-Islam.
Photo Olivier Faucher Une série de trois incidents haineux visant des femmes voilées qui seraient survenus en quelques jours à Montréal-Nord préoccupent des membres de la communauté musulmane, comme Mahjouba Fahim, posée ici devant la Mosquée Noor Al-Islam.

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Une série d’incidents haineux visant des femmes voilées à Montréal-Nord inquiète des membres de la communauté musulmane et sont dénoncés par la mairesse de l’arrondissement. 

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«Des femmes auraient été injuriées sur la place publique sur des sujets en lien avec leur voile, avec leur façon d’être. On parle de racisme, d’intolérance», révèle la mairesse d’arrondissement, Christine Black, en entrevue avec le Journal.

Celle-ci s’alarme que trois incidents haineux visant des femmes portant un hijab se seraient produits en l’espace de six jours dans l’arrondissement, depuis le jeudi 6 octobre. Les trois événements ont été dénoncés au Poste de quartier 39 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Selon nos informations, deux de ces incidents pourraient être liés et visaient des femmes alors qu’elles étaient dans leur voiture. Elles auraient alors été injuriées en lien avec leur religion et menacées gratuitement par un individu.

Christine Black, mairesse de Montréal-Nord
Photo Mario Beauregard / Agence QMI
Christine Black, mairesse de Montréal-Nord

Le troisième incident se serait plutôt déroulé sur le lieu de travail d’une autre femme voilée qui aurait elle aussi subi une agression verbale xénophobe.

«Le SPVM est bien au fait des événements que vous mentionnez», nous a répondu la division des communications de la police de Montréal.

Il n’a pas été possible d’obtenir davantage de détails du SPVM, qui évoque «des raisons notamment de confidentialité, ou encore de protection des personnes qui fournissent des informations, qui portent plainte ou qui font l’objet d’une plainte».

«Vraiment inquiétant»

Ces événements préoccupent des membres de la communauté musulmane de l’arrondissement.

«Vraiment, c’est inquiétant et la police doit intervenir», exprime Mahjouba Fahim, 65 ans, croisée devant la Mosquée Noor Al-Islam à Montréal—Nord après la prière du vendredi.

«J’espère jusque que ça ne va pas évoluer, réagit pour sa part Mariam, 22 ans. Il faudrait dès maintenant trouver une solution et ne pas trop tarder.»

«Il faudrait que ça s’arrête, ajoute Mariam. On est tanné de ça. Déjà que pour des femmes voilées, c’est difficile de vivre, de trouver des opportunités professionnelles. De rajouter ça par-dessus, ce n’est pas de faciliter les choses.»

Il faut dénoncer, plaide la mairesse

De son côté, la mairesse Christine Black soutient que «ça n’a aucun sens» que ces agressions surviennent dans son arrondissement.

«À Montréal-Nord, il y a plusieurs communautés qui cohabitent et les gens s’apprécient entre eux. Dans ce contexte-là, c’est encore plus inquiétant.»

«On condamne ça et je le dis haut et fort que c’est Inadmissible que des femmes, peu importe leur religion, soient interpellées comme ça avec des propos racistes en lien avec leur signe religieux», ajoute la mairesse.

Si Mme Black prend publiquement la parole, c’est aussi car les trois victimes ont eu trop peur de le faire.

«Elles semblent très préoccupées à dénoncer, à sortir sur la place publique pour des situations comme ça, soutient Mme Black. Elles ont peur. Pour moi c’est vraiment quelque chose de très préoccupant.»

La mairesse veut ainsi envoyer le message que les femmes qui sont victimes de tels actes sont «soutenues et accompagnées» et qu’elles doivent dénoncer ce type d’agression au SPVM.

Ce dernier collige depuis 2016 tous les incidents haineux qui lui sont rapportés, même si ceux-ci ne comportent pas d’infraction criminelles en vertu de la loi. 

Les témoins ou victime d’un crime haineux doivent le signaler au 911. Un incident haineux peut cependant être rapporté via le site web du SPVM ou en se présentant à un poste de quartier. Ceux-ci sont traités par Module des incidents et des crimes haineux (MICH) dans l’objectif d’éviter que des incidents haineux «ne deviennent des crimes haineux», explique le SPVM.

Comment distinguer un crime haineux d’un incident haineux?

Exemples de crimes haineux :

• S’attaquer physiquement à une personne en raison de la couleur de sa peau;

• Proférer des menaces envers une personne en raison de sa confession religieuse;

• Vandaliser un domicile ou un endroit d’intérêt (ex. : un lieu de culte) par des graffitis à caractères haineux.

Exemple d’incidents haineux (actes non criminels en vertu de la loi)

• Diffuser du matériel offensant ciblant un groupe ethnique;

• Insulter ou injurier une personne sur les réseaux sociaux, ou autrement, en raison de son orientation sexuelle;

• Poser des gestes vexatoires envers une personne en raison de sa religion.

Source : SPVM

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