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Une propriétaire d’IGA prête à loger ses travailleurs étrangers

En raison de la crise du logement, elle cherche des solutions

France Daigle
Photo courtoisie France Daigle, propriétaire du IGA de La Sarre avec son nouvel employé Lino Dupont, arrivé de Cuba la semaine dernière.

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Une propriétaire d’un IGA de l’Abitibi qui n’arrive pas à trouver des logements pour ses travailleurs étrangers temporaires est sur le point de demander à ses autres employés de les héberger d’urgence afin de pouvoir les accueillir.

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«Ou l’on se tourne vers cette solution-là ou l’on essaye d’investir pour loger nos propres travailleurs [...] en leur construisant de vrais logements», va jusqu’à dire France Daigle, propriétaire du IGA de La Sarre, en Abitibi.

«Je ne veux pas les faire venir dans un sous-sol humide, presque insalubre, alors je cherche un endroit pour qu’ils soient bien logés», illustre-t-elle.

Dans la région, il manque une cinquantaine d’appartements pour accueillir une centaine de travailleurs, selon Robert Stead, président de l’Association Aide à l’immigration Canada, qui l’accompagne dans sa démarche.

«On a appelé le presbytère pour savoir s’il y a des chambres à louer, mais elles étaient toutes prises. Même le presbytère est plein», souffle-t-il.

Crise du logement

Mardi, Le Journal rapportait qu’au 2 octobre dernier plus de 84 % des 5112 demandes en attente du programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) étaient passées par la machine fédérale, mais attendaient toujours d’être traitées par Québec.

Or, Le Journal a constaté que même les chanceux, comme France Daigle, qui ont réussi à passer à travers la bureaucratie ne sont pas au bout de leur peine puisqu’il n’y a tout simplement plus de logements pour recevoir ces travailleurs.

Dans la MRC d’Abitibi-Ouest, la crise du logement n’a rien de théorique. C’est la dure réalité à laquelle sont confrontés à chaud les commerçants.

«On a trois personnes d’arrivées sur douze. Il en reste neuf», se désole Mme Daigle.

De Cayo Coco à La Sarre

À côté d’elle, son nouveau travailleur cubain Lino Dupont, 48 ans, qui vient de débarquer dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue, est l’un des chanceux qui a pu avoir un appartement dans la municipalité.

«J’ai appris le français à Cuba. J’ai ensuite travaillé en tourisme à Cayo Coco où il y a beaucoup de Québécois», raconte l’homme, qui maîtrise la langue de Molière.

Après avoir passé une bonne partie de sa vie à Ciego de Ávila, dans le centre du pays, Lino Dupont a obtenu ses diplômes en tourisme.

Quand on lui demande pourquoi il a quitté Cuba pour venir travailler dans le rayon des fruits et des légumes d’un supermarché de l’Abitibi, il répond avoir ressenti un désir de changement dans sa vie.

«Je cherchais un changement de vie économique et social», conclut-il.

L’Association Aide à l’immigration Canada a récemment lancé un projet de construction de 400 unités de 85 millions $ pour les travailleurs étrangers temporaires aux quatre coins du Québec, pour redonner au suivant.

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