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Le mot en R, comme dans récession

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Il y a un mot que n’ose pas encore prononcer le gouvernement Trudeau.

On l’effleure, mais on ne souffle pas encore le mot en question : récession. 

Bon cop bad cop

Justin Trudeau et la ministre des Finances Chrystia Freeland jouent à bon cop bad cop sur ce sujet. 

Mme Freeland est de plus en plus pessimiste par rapport aux perspectives économiques, alors que le premier ministre a encore un pied sur ses voies ensoleillées.

Questionné hier à savoir s’il prévoit une récession, M. Trudeau a répondu que son gouvernement continuera d’aider ceux qui en ont besoin, contrairement aux conservateurs. 

Sa ministre des Finances, la veille, a tenu des propos beaucoup plus sombres. 

Les prochains mois seront difficiles, le taux de chômage risque d’augmenter, on ne pourra pas aider tout le monde, car cela ne ferait qu’empirer le problème, a dit Mme Freeland. 

Un changement de cap contre nature pour un gouvernement qui se targue depuis sept ans d’avoir le cœur sur la main. 

Les libéraux ont toujours voulu avoir le beurre et l’argent du beurre. Les déficits structuraux datent d’avant la pandémie. 

Ils sont aujourd’hui devant un choix impossible, entre récession et inflation. Entre la vie chère et un ralentissement économique, dans l’espoir d’un retour à la normale.

Tout cela fait de la très mauvaise politique. 

Surtout pour un gouvernement vieillissant dont la crédibilité économique du chef est loin d’être établie. 

L’oracle Poilievre

Pour les libéraux, du point de vue du message, l’arrivée en scène de Pierre Poilievre complique les choses. 

M. Poilievre parle du contrôle des dépenses et du risque d’inflation depuis bien avant que le phénomène ne s’emballe. 

Il a le beau rôle aujourd’hui de se présenter comme une sorte d’oracle qui a tout vu venir. 

Cela lui évite d’expliquer de quelle manière il aurait aidé les travailleurs et les entreprises à garder la tête hors de l’eau durant la pandémie. 

Il n’en reste pas moins que la Banque du Canada lui a donné des munitions en admettant que les mesures de la relance économique pandémique ont duré trop longtemps, contribuant ainsi à l’inflation.

Les leçons de 2008

Le Canada n’est pas le seul à souffler le chaud et le froid sur ce qui nous attend. 

« Je pense que les patrons des institutions internationales, des banques centrales et des ministères des Finances ont du mal à être sincères quant aux perspectives d’une récession l’année prochaine », soutient l’économiste Kevin Page. 

La dernière fois que le Canada est entré en récession, c’était en 2008. 

Y a-t-il des leçons à tirer de cette crise ? 

M. Page, qui était à l’époque le directeur parlementaire du budget, en voit quelques-unes. 

Un, reconnaître qu’il y a un problème. C’est simple, mais contre nature pour un gouvernement.

« Si je reconnais que ça va mal, j’ai le réflexe de me dire que mon plan va mal », me dit Yan Plante, un conservateur qui était dans les coulisses de la crise de 2018. 

Deux, de la transparence. Faire régulièrement rapport au Parlement et à la population sur l’état de la situation. 

Bref, parler franchement aux Canadiens comme s’ils étaient des adultes, pour faire changement.

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