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Le sérieux échec de Justin Trudeau

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En septembre 2020, Justin Trudeau présentait sa vision de la relance du Canada après le choc de la première vague de la pandémie. Monsieur Trudeau, un dépensier naturel, y exposait son intention de continuer à sortir l’argent public à plein boyau, avec évidemment une large part de fonds empruntés.

Ce discours du trône contenait une ligne qui m’avait fait sursauter et écrire une chronique assez critique. Notre premier ministre y déclarait que les gouvernements peuvent « en faire plus » en « conservant le faible coût des emprunts pour les décennies à venir ». (Vous comprenez que dans la bouche de Justin Trudeau « en faire plus » est synonyme de dépenser plus.)

En somme, la politique de relance de Justin Trudeau se résumait ainsi : le gouvernement va injecter, sans réserve ni prudence, plein d’argent dans l’économie. Pour ce faire, il va emprunter massivement en se fiant au fait que les taux d’intérêt devraient rester bas pendant des décennies.

Deux ans plus tard, cette politique doit être jugée comme un échec sérieux.  

Cascade de problèmes

D’abord, l’exagération dans l’injection de fonds publics dans l’économie a contribué à l’inflation, ce qu’on devait craindre. L’inflation gruge le pouvoir d’achat et agit comme un cancer dans l’économie à plusieurs égards.

La lutte à l’inflation force la Banque du Canada à hausser ses taux d’intérêt. Oups ! La prophétie du discours du Trône sur les taux d’intérêt bas à très long terme vient de prendre le bord !  

Hier, dans ces pages, Michel Girard nous expliquait en termes très clairs à quel point la hausse des taux signifie une explosion des paiements d’intérêts pour nos gouvernements. Quand vous traînez des dettes aussi énormes, chaque tranche d’un point d’intérêt supplémentaire coûte très cher. 

Quelle imprudence ! Comment un gouvernement pouvait-il faire une prophétie aussi futile et l’inscrire dans un discours du Trône comme fondement à ses actions ?  

Prédire que les taux d’intérêt resteront bas pendant des décennies, c’est comme essayer de prédire le prix du baril de pétrole dans cinq ans ou prédire le genre de saison que connaîtra le Canadien en 2035 ! Cela doit être mis dans la même catégorie que les prophéties des Incas sur la fin du monde.

  • Écoutez l'édito de Mario Dumont diffusé chaque jour en direct 17 h 25 via QUB radio :

Nous allons payer

Le citoyen moyen va payer de plusieurs façons pour les dépenses exagérées, pour l’inflation qui a suivi et pour la hausse des taux d’intérêt qui en découle.

Tous les citoyens ont perdu du pouvoir d’achat sur leur dollar. Les plus âgés qui ont épargné pour leur retraite voient fondre la valeur de l’ensemble de leurs économies.

Les détenteurs de prêts hypothécaires vont payer chaque mois pour les taux plus élevés.

Comme contribuables, une part plus grande de nos impôts ira au paiement de frais d’intérêt plutôt qu’à des services publics.

Et nous risquons tous de vivre une récession dans les prochains mois.

Les critiques de Pierre Poilièvre envers la gestion de l’économie par Justin Trudeau sont très sévères. Pour une bonne partie, elles sont méritées.

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