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Occupation trouble

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Vous prenez des individus, jeunes et assoiffés de célébrité, que vous isolez du reste de la société et vous leur demandez de s’éliminer les uns les autres pour gagner un gros montant.

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Et après, quand ça joue dur dans les coins, quand il y a des individus qui s’unissent pour éliminer le maillon le plus faible, vous vous étonnez tout d’un coup que ça fesse fort?

Se plaindre qu’il y a de l’intimidation et un climat toxique dans Occupation double, c’est comme déplorer qu’il y ait des morts et du sang dans Squid Game ou Hunger Games

Ben voyons: tout le jeu est basé là-dessus! C’est la loi de la jungle, au plus fort la poche, tasse-toi de là, mononcle!

Fermer les yeux

Jeudi, à QUB radio, j’ai interviewé Jasmin Roy, dont la Fondation éponyme travaille justement à prévenir l’intimidation. Il m’a parlé du concept de «témoins silencieux». Dans une cour d’école, si tu vois se dérouler devant tes yeux un cas d’intimidation et que tu n’interviens pas, tu es complice. 

«Tout le monde est responsable», m’a dit Jasmin. «On va mettre le blâme sur les garçons, mais c’est la maison de production qui a pris la décision de mettre ça à la télévision et le diffuseur.»

  • Écoutez l'entrevue de Jasmin Roy au micro de Sophie Durocher sur QUB radio:

Une maison de production et un diffuseur qui sont témoins d’intimidation et qui ne font rien sont des témoins silencieux.

Mais au-delà de ce qui s’est passé ces derniers jours à Occupation double Martinique, pouvons-nous prendre un pas de recul et nous demander sur quoi repose la fascination pour les téléréalités? 

Les plus intellectuels prétendront que c’est pour se livrer à des analyses sociologiques qu’ils s’installent devant leur télé pour regarder les alliances entre des beaux gars et des belles filles. Je n’en crois pas un mot.

Pour utiliser une comparaison culinaire: c’est correct de manger du fast-food de temps en temps, mais assume! Ne me fais pas croire que c’est de la grande gastronomie. 

La vérité, c’est que c’est pour se débrancher le cerveau que des milliers de gens regardent ces émissions.

Vous vous souvenez, il y a quelques années, quand les concurrents d’Occupation double avaient été soumis à un quiz de connaissances générales sur le Québec? C’était affligeant! Aucune connaissance des artistes de chez nous. Et certains avaient été incapables de nommer... la capitale du Québec.

C’est comme si on recrutait les candidats parmi les plus ignares des participants aux vox pop de Guy Nantel. 

On ne leur demande pas d’être des prix Nobel ou des Ph. D., mais est-ce trop demander qu’ils soient capables de faire une phrase complète – sujet, verbe, complément – sans s’enfarger dans leur vocabulaire?

  • Écoutez l'entrevue avec Jean Baillargeon, expert-conseil en communication stratégique à l’émission de Sophie Durocher diffusée chaque jour en direct 15 h 18 via QUB radio :

Garder la forme

Les participants d’OD reçoivent des «formations». Avant l’aventure, ils ont eu droit à une formation sur le consentement avec Léa Clermont-Dion. 

À cause du scandale de l’intimidation, on sait qu’ils recevront «une formation sur la communication non violente», donnée par India Desjardins et un prof de l’UQAM.

Permettez-moi de douter de l’impact réel de ces formations.

On aura beau leur donner toutes les formations au monde, on ne peut pas insuffler du gros bon sens dans des candidats qui n’en ont pas. 

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