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«On s’est trompés avec Villeneuve»

Premiers tours de roue peu convaincants en F2000 se rappelle Richard Spénard

GEN - DOSSIER GILLES VILLENEUVE
Photo Martin Alarie Richard Spénard a connu Jacques Villeneuve très jeune alors qu’il accompagnait son père Gilles sur les circuits de course.

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Richard Spénard avoue avoir rigolé quand il a lu une manchette du Journal en 1987 selon laquelle Jacques Villeneuve se voyait un jour champion du monde de Formule 1.

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Ce réputé pilote a été un mentor pour de jeunes espoirs de la course automobile au pays tout en contribuant à l’éclosion des Patrick Carpentier, Greg Moore et bien d’autres. Il a aussi été le coéquipier de Gilles Villeneuve, le père de Jacques, en Formule Atlantique. 

Cofondateur de l’école de pilotage Spénard-David, il a pu observer les premiers tours de roue de Jacques Villeneuve au volant d’une Formule 2000 au circuit de Shannonville en Ontario, en 1987. 

« Je connais Jacques depuis son tout jeune âge, du temps où je courais avec son père Gilles en Formule Atlantique. Tous les deux, on se suivait entre les courses à bord de nos motorisés », a relaté Spénard en entrevue au Journal.  

« En 1986, Jacques avait fait un stage de quelques jours à l’école de pilotage Jim Russell au circuit Mont-Tremblant. Puis lors d’un voyage à Monaco, j’avais convaincu Joann, la femme de Gilles, qu’il vienne poursuivre son apprentissage chez nous à Shannonville. Ce qu’il a fait l’année suivante. 

« Il ne démontrait rien de spectaculaire, dit Spénard. Il a fait une saison complète à notre école. Il n’était pas nécessairement le plus vite. Quelques fois, il parvenait à boucler un tour rapide, mais ça ne tenait pas. Il commettait des erreurs le tour suivant. Rien ne laissait présager, à l’époque, qu’il avait un super talent. » 

À un moment donné, son oncle Jacques (le frère de Gilles) était venu passer quelques jours à l’école et il était plus rapide que son neveu.  

Le déclic au Japon

Spénard avait cette qualité de déceler des pilotes doués.

« Carpentier [qui a également été son élève] était plus naturel et plus constant que Villeneuve. Peut-être qu’il avait goûté à la compétition [le patinage de vitesse sur courte piste], contrairement à Jacques qui n’avait probablement pas pratiqué beaucoup de sports exigeant un degré élevé de concentration. » 

« Jacques était assurément plus casse-cou qu’on pensait. Ç’a été très long avant qu’il ne gagne des courses. Quand il est parti courir en Italie (en 1988), les gens n’avaient pas grand-chose à dire à son sujet si ce n’est qu’il était le fils de Gilles.  

« Mais tout a changé quand il s’est expatrié au Japon [1992] où là, les planètes se sont alignées pour lui. Il est devenu plus sérieux. C’est là qu’il a su exploiter son talent. La même année à Trois-Rivières, sur l’invitation de Players, il a terminé troisième. Les portes se sont ouvertes pour lui. » 

Un virage à Cleveland

« Puis, en 1995, je me retrouve au circuit de Cleveland. Villeneuve obtient la position de tête et gagne la course en Série IndyCar. Je m’étais placé en bordure de piste près d’un virage très difficile à négocier et c’est là que j’ai réalisé qu’il était doué. Honnêtement, les deux genoux m’ont plié quand je l’ai vu passer devant moi. Le jeune est bon », se souvient Spénard. 

« En 1987, Jacques avait une vision qui n’était pas la nôtre. Finalement, c’est lui qui avait raison quand il s’est vu champion du monde. Somme toute, on s’est trompés avec Jacques », a-t-il conclu.

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