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La magouille de Ferrari et de son patron

« Tous les moyens étaient bons pour faire gagner Schumacher », se souvient Tortora

Christian Tortora
Photo d'archives, Louis Butcher Christian Tortora a posé il y a quelques années avec Jock Clear qui, avant d’être recruté chez Ferrari, était l’ingénieur de Jacques Villeneuve au sein de l’écurie Williams en 1997.

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« Ça ne nous rajeunit pas », s’est exclamé Christian Tortora, quand on lui a rappelé l’exploit de Jacques Villeneuve il y a 25 ans au circuit de Jerez de la Frontera, en Espagne. 

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Ce vétéran journaliste, aujourd’hui retraité, s’en souvient comme si c’était hier, de ce week-end rocambolesque, lui qui a d’abord suivi le parcours de Gilles, le père de Jacques, à partir de 1977, en Formule 1.  

« N’eût été son accident, Gilles aurait été champion du monde, et plus d’une fois. Mais bon, Jacques a réalisé le rêve de son père », indique Tortora, joint à sa résidence du sud de la France. 

« À Jerez, c’était fou, ajoute Torto. Mais ce que je retiens, c’est comment, à l’époque, le patron de Ferrari, Jean Todt, pouvait magouiller. Tous les moyens étaient bons pour faire gagner Michael Schumacher.  

« Mais, en fin de compte, Jacques Villeneuve s’est comporté en champion en évitant tous les obstacles qui s’étaient dressés devant lui. Il a pris un risque en tentant un dépassement audacieux à l’endroit de Schumacher, mais son pari a été fructueux.   

« Je retiens aussi cette ambiance magique qui régnait dans la salle de presse et la réaction des journalistes quand Jacques est parvenu à doubler la Ferrari. J’ai rarement entendu des cris de la sorte durant ma longue carrière, surtout quand on a constaté que Schumacher allait devoir abandonner la course.  

« Jacques a réussi à battre une grosse machine [lire Ferrari] qui avait adopté des stratégies parfois douteuses pour le déstabiliser. »  

À Monaco en 2006  

Tortora ne se cache pas pour dire qu’il n’a jamais été un grand partisan de Schumacher, malgré ses sept titres en F1.  

« Je n’ai pas honte de le dire qu’il a toujours été le premier à envoyer les autres en... l’air, et il l’a fait en maintes reprises. La manière dont il s’est comporté n’était pas correcte », souligne-t-il.  

« Je peux vous citer l’exemple de Damon Hill en 1994, mais il y en a d’autres aussi, dit Tortora. Rappelez-vous au Grand Prix de Monaco [en 2006], où Schumacher a stoppé sa Ferrari devant une glissière de sécurité pour empêcher son grand rival de l’époque, Fernando Alonso, de réaliser la position de tête. »  

Sur la séquence, on voit bien le pilote allemand bloquer les roues et donner quelques étranges coups de volant en fin de séance de qualifications avant de s’immobiliser et de causer un drapeau jaune, forçant les autres pilotes, dont Alonso, à lever le pied. 

« Une mauvaise question »  

En conférence de presse, certains journalistes ont tenté de le défier, sans succès toutefois. 

« J’ai bloqué mes roues et je suis sorti large du virage », avait prétendu Schumacher.  

L’intervention d’un représentant de l’agence Speed Sports News l’avait particulièrement dérangé.  

« Michael, pensez-vous avoir triché aujourd’hui ? », a-t-il demandé à l’Allemand. 

Ce dernier de répondre : « Je me demande pourquoi vous me posez une si mauvaise question. Je la trouve très dure et non pertinente. Si vous étiez à ma place comme pilote, surtout sur un tracé aussi complexe que Monaco, cette question ne vous viendrait pas à l’idée. »  

Son comportement n’échappera toutefois pas à la vigilance des commissaires, qui le forceront à s’élancer de la dernière place sur la grille de départ. Parti 22e, il s’est classé au cinquième rang après une brillante remontée. 

Hill moins chanceux 

Pour rappel, au Grand Prix d’Australie en 1994, dernière escale de la saison, Schumacher a braqué sa monoplace sur celle du Britannique et a provoqué un accident qui lui permettra de remporter un premier championnat du monde.  

Comme à Jerez, Schumacher détenait une avance d’un point sur son plus sérieux poursuivant. Mais cette fois, trois ans plus tôt, Hill n’a pas eu la même chance que Villeneuve.  

« J’essaie de suivre la Formule 1, mais je trouve les courses parfois ennuyantes. Si bien que je me suis endormi devant mon écran lors du récent Grand Prix du Japon », a dit Tortora, qui célébrera son 79e anniversaire de naissance le 5 décembre.

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