/news/politics
Navigation

«Convoi de la liberté»: pas confiance en la police d’Ottawa

Les mesures d’urgence envisagées dès les premiers jours

«Convoi de la liberté»: pas confiance en la police d’Ottawa
Photo d'archives Martin Alarie

Coup d'oeil sur cet article

Ottawa | Le gouvernement fédéral a si rapidement perdu confiance en la police municipale d’Ottawa qu’il a commencé à envisager le recours à la Loi sur les mesures d’urgence moins d’une semaine après l’arrivée du «convoi de la liberté» dans la capitale fédérale. 

• À lire aussi: «Convoi de la liberté: Doug Ford sommé de comparaître

• À lire aussi: «Convoi de la liberté: la Police d’Ottawa fait son mea culpa

C’est ce qui est ressorti de l’interrogatoire du grand patron de la police provinciale de l’Ontario (OPP), le commissaire Thomas Carrique, aujourd’hui.

Dès le 2 février, soit cinq jours après l’arrivée des premiers camions à Ottawa, la commissaire de la GRC, Brenda Lucki, envoyait à son collègue le commissaire Carrique une série de messages texte déposés en preuve.

«Est-ce que le ministre [de la Sécurité publique Bill] Blair t’a accroché avec une lettre de support à EA [la Loi sur les mesures d’urgence]?», demande Mme Lucki.

Trois jours plus tard, le 5 février, elle écrit à nouveau à son collègue, mentionnant «la pression politique pour agir», elle indique: «Entre toi et moi, le GOC [gouvernement du Canada] est en train/a perdu confiance en l’OPS».

Le même jour, un rapport de police déposé en preuve relatait que des agents de police et des travailleurs municipaux avaient été encerclés, intimidés et insultés par des manifestants de plus en plus agressifs. 

  • Écoutez la brève d’actualité avec Alexandre Moranville diffusée chaque jour en direct 12h55 via QUB radio: 

 

Confusion sur le remorquage

La Commission d’enquête doit déterminer s’il était justifié d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence le 14 février.

Un des pouvoirs libérés par cette loi de dernier recours était celui de forcer les entreprises de remorquages à supporter les services policiers. On a cependant appris que la GRC avait délégué à l’OPP le pouvoir de forcer les entreprises de remorquage à collaborer pour déplacer les camions. Mais l’OPP n’a pas utilisé ce pouvoir avant l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence.

De plus, le commissaire Carrique a indiqué que c’est seulement la veille de l’invocation de cette loi, le 13 février, qu’un véritable plan d’action a été établi pour libérer Ottawa du convoi et que, à ce stade, l’OPS n’avait pas épuisé toutes ses options.

M. Carrique a indiqué qu’il ne savait pas que le gouvernement fédéral allait invoquer cette loi le 14 et qu’il n’avait pas été consulté avant, ce qui aurait été appréciable, a-t-il dit.

Sécurité nationale menacée

Il a néanmoins précisé qu’à son avis la situation à Ottawa et ailleurs menaçait la sécurité nationale.

Plus tôt dans la journée, il avait expliqué que les demandes de renforts à Ottawa mettaient en danger le reste de l’Ontario

L’OPS réclamait 1800 agents à l’OPP. Or le commissaire Carrique a expliqué que ses équipes, qui sont responsables de la sécurité des autoroutes et de près de 330 communautés en Ontario, fonctionnaient alors avec 73% de leurs effectifs en raison du manque de personnel.

Envoyer autant d’agents à Ottawa impliquait d’en enlever ailleurs. Ceci aurait laissé une partie de la province sans protection et l’aurait rendue vulnérable à des opérations coordonnées des manifestants.

Le grand patron de l’OPP a d’ailleurs reproché au chef de la police d’Ottawa, Peter Sloly, d’avoir fait cette requête de façon «publique» et «politique».

Imbroglio sur le stationnement des camions

Dans son témoignage, il a par ailleurs indiqué que l’OPP pensait que les manifestants seraient forcés de stationner leurs camions à l’extérieur de la ville et rejoindraient ensuite la colline du Parlement en autobus ou en navettes.

Au cours des derniers jours, les officiels de l’OPS qui ont témoigné ont pourtant indiqué qu’à leur avis ils n’avaient pas le pouvoir de bloquer les accès à la ville aux camions. 

Le commissaire Carrique indique que ses services ont offert de l’aide à l’OPS pour gérer le trafic dès le départ, car d’après les renseignements dont disposait l’OPP, dès le 20 janvier – huit jours avant l’arrivée du convoi –, il était clair que la police municipale serait débordée. Toutefois, l’OPS a refusé cette main tendue, d’après le témoignage du commissaire Carrique.

C’est seulement lorsque les premiers camions sont arrivés aux abords du Parlement, le 28 janvier, que l’OPP a réalisé que l’OPS n’avait pas bloqué les accès au centre-ville.

Conflit sur le renfort

Quatre jours plus tard, le chef de la police d’Ottawa, Peter Sloly, indiquait à son homologue, le commissaire Carrique, que la manifestation se changeait en occupation et qu’il serait impossible de déplacer les camions en toute sécurité «à moins que nous ayons des milliers d’agents», peut-on lire dans des notes d’entretien entre les deux hommes déposés en preuve à la commission.

L’OPS réclamait 1800 agents à l’OPP, une requête énorme explique le commissaire Carrique qui souligne que les agents de l’OPP qui étaient déjà sur place au moment de la requête n’étaient pas utilisés à leur plein potentiel.

Le grand patron de l’OPP reproche au chef Sloly d’avoir fait cette requête de façon «publique» et «politique».

Il explique que ses équipes, qui sont responsables de la sécurité des autoroutes et de près de 330 communautés en Ontario, fonctionnaient alors avec 73% de leurs effectifs en raison du manque de personnel.

Envoyer autant d’agents à Ottawa impliquait d’en enlever ailleurs. Ceci aurait laissé une partie de la province sans protection et l’aurait rendue vulnérable à des opérations coordonnées des manifestants.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.