/entertainment/movies
Navigation

«Les Banshees d'Inisherin»: la fin d’une amitié

«Les Banshees d'Inisherin»: la fin d’une amitié
Photo courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

Les retrouvailles de Colin Farrell et de Brendan Gleeson sont magiques. 

Cela fait 14 ans que Colin Farrell et Brendan Gleeson se sont donné la réplique dans «In Bruges» de Martin McDonagh, également réalisateur de «Trois affiches tout près d'Ebbing, Missouri». Les deux acteurs se retrouvent aujourd’hui dans «Les Banshees d'Inisherin», une comédie dramatique hypnotisante.

Padraic (Colin Farrell) et Colm (Brendan Gleeson) ont toujours été amis sur la petite île irlandaise fictive d’Inisherin. C’est lors du rituel quotidien de la visite à l’unique pub local que Padraic constate le mutisme de Colm. Son «chum» de toujours l’ignore. Désarçonné, il va néanmoins boire sa pinte tout en se posant de multiples questions. Mais qu’a-t-il donc fait? A-t-il prononcé des paroles malheureuses lors de leur dernière beuverie? Qu’arrive-t-il à Colm? Se seraient-ils disputés?

Révélée par petites touches tragiques à grand renfort de répliques humoristiques, l’intrigue captive par son universalité. En plusieurs répliques bien senties, Martin McDonagh donne à ce drame personnel, pour ne pas dire intime, une dimension globale dans laquelle tous peuvent se reconnaître, qu’il s’agisse des parallèles établis entre la fin de cette amitié significative pour Padraic et la guerre civile qui fait rage en 1923, le désir d’échapper à la petitesse – au sens physique et intellectuel – de l’île et la volonté d’avoir une existence enrichissante, etc.

Quelques questionnements – toujours posés en mode humoristique, la discussion sur Mozart notamment est parfaite – ajoutent également une dimension philosophique sur le destin humain, la volonté de ne pas sombrer dans l’oubli après sa mort, la valeur de la gentillesse et de l’amitié interpellent durablement. Visuellement, les décors naturels de l’Irlande sauvage au début du siècle dernier confèrent à «Les Banshees d'Inisherin» une consistance de tableau dans lequel les verts profonds et les bleus gris de la mer ancrent les personnages dans leur humanité.

Subtilement touchant, «Les Banshees d'Inisherin» est l’une de ces oeuvres discrètes, mais qu’il est impossible d’oublier.

  • Note: 4 sur 5
  • «Les Banshees d'Inisherin» est présenté dans les salles obscures de la province dès le 28 octobre.
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.