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Maudite monarchie

Maudite monarchie
Photo d'archives, Agence QMI

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OTTAWA | Il y a quelque chose de terriblement agaçant à entendre des politiciens refuser de débattre d’un sujet sous prétexte que «ça n’intéresse personne».

Surtout lorsque cela s’accompagne d’un petit sourire satisfait. 

Le genre de sourire qui était accroché au visage de plusieurs députés libéraux et conservateurs cette semaine, trop contents de rapporter la ligne de communication officielle du parti: la monarchie, ça n’intéresse pas le monde!  

Finalement, il semble que ça intéresse plus qu’on pense sur les banquettes de la Chambre des communes. 

Le roi Charles III
Photo AFP
Le roi Charles III

Et pour d’excellentes raisons en plus, ce qui devrait leur donner matière à réflexion.  

Vieux fond loyaliste

Ce que le débat sur la monarchie à Ottawa a surtout révélé, c’est l’évidente contradiction entre le vieux fond loyaliste canadien et les valeurs canadiennes de 2022.  

Qui l’eût cru!  

Des valeurs dont les libéraux, ironiquement, se prétendent les grands défenseurs: les minorités et la réconciliation avec les autochtones.  

Ces ministres libéraux qui méprisent le débat sur la monarchie ne se doutaient peut-être pas que des collègues députés acadiens, autochtones, québécois, ne sont pas aussi prompts à faire l’économie de ces réflexions?  

La motion du Bloc Québécois sur l’indépendance à la monarchie britannique a obtenu des appuis insoupçonnés, comme l’écrivait mon collègue Raphaël Pirro.  

Le libéral Joël Lightbound, l’ex-conservateur Alain Rayes, un député vert et 10 députés du NPD ont voté en faveur, dont des élus issus des Premières Nations, selon un décompte effectué par ma collègue du Devoir Marie Vastel.   

Sachant que nos politiciens sont habituellement cordés comme du bois de chauffage derrière la ligne de parti, la diversité des appuis à la motion du Bloc est notable.  

Le lien entre certaines communautés et la couronne britannique est loin d’être apaisé.  

La monarchie est tout autant symbole de stabilité que d’oppression. 

Les libéraux se sont couverts de ridicule cette semaine en s’attaquant à la légitimité de la présence au Parlement du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, parce qu’il a admis que son serment à la Couronne n’était pas sincère.  

Comme quoi il faut être deux pour valser.  

Le débat que suscite notre lien à la couronne mérite de vraies explications de la part de nos élus.  

Rouler des yeux ne devrait pas faire partie des choix de réponse.

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