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«Nous sommes Jane»: l’union (des femmes) fait la force

«Nous sommes Jane»: l’union (des femmes) fait la force
Photo courtoisie

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Le sujet du droit à l’avortement est d’une importance capitale et ce film avec Elizabeth Banks et Sigourney Weaver est là pour nous le rappeler. 

Nous sommes en 1968. Joy (Elizabeth Banks) est une femme au foyer comme il en existe des centaines de millions. Elle prépare les repas pour son mari qui pourvoit aux besoins financiers de leur ménage comptant un enfant, une adolescente de 15 ans. Mais elle tombe enceinte et, cette fois-ci, elle a 50 % de risques de mourir d’un problème cardiaque.

Que peut-elle faire? Demander au conseil – masculin, cela va de soi – de l’hôpital la permission d’avorter pour des raisons médicales lors d’une réunion où elle est présente et où l’on parle d’elle comme d’un morceau de viande? Subir son sort en silence? Se jeter en bas des escaliers pour «provoquer» une fausse couche? Elle fait tout cela.

Puis, un jour, elle voit une affichette enjoignant les femmes enceintes et anxieuses à l’idée de leur grossesse à «appeler Jane» pour obtenir de l’aide. Elle se renseigne précautionneusement, retire les 600 $ – une très forte somme à l’époque – que coûtent la procédure médicale en imitant la signature de son mari (Chris Messina), se rend au rendez-vous... et reste silencieuse sous la douleur afin que ses cris n’alertent personne.

Elle découvre aussi les «Jane», ces femmes qui risquent leur liberté pour en aider d’autres, un réseau improbable, clandestin, mené par Virginia (Sigourney Weaver), une activiste féministe et lesbienne... à des années lumières de la réalité de Joy.

La cinéaste Phyllis Nagy, auteure du scénario de «Carol» avec Cate Blanchett, recrée les années 1960 sans jamais tomber dans la nostalgie ou l’idéalisation, disséminant partout des rappels culturels et politiques de l’époque. Les dialogues de Hayley Schore et Roshan Sethi sont parfois hallucinants, témoins d’un temps où les femmes étaient réduites à un état purement biologique, sans égard à leur humanité, rappelant alors ceux de la terrifiante dystopie «La servante écarlate».

L’évolution du personnage d’Elizabeth Banks – car c’est bien là le sujet du long métrage –, cristallise le point tournant du mouvement des droits des femmes: celui où celles-ci disposent enfin du droit fondamental à l’autodétermination.

  • Note: 4 sur 5
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