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Une mise en scène inventive pour Grosse-Île 1847

Sarah Villeneuve-Desjardins dans la pièce de théâtre Grosse-Île 1847 présentée à La Bordée. Photo crédit Nicola-Frank Vachon
Nicola-Frank Vachon Sarah Villeneuve-Desjardins dans la pièce de théâtre Grosse-Île 1847 présentée à La Bordée. Photo crédit Nicola-Frank Vachon

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Il y a toutes sortes de manières de raconter une histoire. Émile Proulx-Cloutier en a trouvé une particulièrement inventive et efficace pour plonger dans la dramatique histoire de Grosse-Île. 

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À l’affiche à La Bordée jusqu’au 19 novembre, Grosse-Île 1847 raconte le quotidien et les frustrations du personnel soignant qui a fait face à une situation immense lorsque des milliers d’Irlandais quittant la famine se sont retrouvés malades alors qu’ils étaient en route vers le Canada et les États-Unis.

Située dans l’archipel de L’Isle-aux-Grues, cette station de quarantaine était, à cette époque, un passage obligé pour les migrants. On devait s’assurer qu’ils étaient en santé avant de pouvoir poursuivre leur route.

Le personnel, présent sur l’Île, manquait de ressources et a été vite débordé par une situation devenue hors contrôle. Les morts s’accumulaient dans des conditions de vie impossibles et éprouvantes. Cinq mille personnes, majoritairement des Irlandais, y sont mortes en 1847.

Émile Proulx-Cloutier a plongé dans les archives de cette année particulièrement meurtrière pour faire un collage de tout ce qu’il a trouvé et en faire une représentation théâtrale.

Au début du spectacle, lorsque les acteurs, les porteurs d’archives, commencent à donner vie à ces paroles, on a un peu peur que ça devienne trop récitatif et répétitif dans la forme.

Inventive

Et tout à coup, la mise en scène et la scénographie se déploient et amènent Grosse-Île 1847 à un tout autre niveau. L’emballage sonore, créé par Josué Beaucage et Sarah Villeneuve-Desjardins, est inventif et exceptionnel.

À travers les témoignages qui s’enchaînent, des comédiens participent en faisant du bruitage avec des éléments de décor ou en livrant des chœurs chantonnés émouvants.

Lorsque Hugues Frenette, qui personnifie le docteur George Douglass, raconte un segment, Nicolas Drolet reproduit le son du crayon écrivant sur une page.

Les Vincent Champoux, Nicolas Drolet, Hugues Frenette, Érika Gagnon, Marie-Hélène Gendreau, Elie St-Cyr, Véronika Makdissi-Warren et Sarah Villeneuve-Desjardins utilisent tout l’espace de jeu. Des effets tri-dimensionnels et de projection à travers des rideaux transparents sont superbes.

Tout l’espace de jeu est utilisé. Il y a de superbes effets tridimensionnels et de projection à travers des rideaux transparents.

On a aussi eu l’excellente idée d’amplifier les voix des acteurs. On ne perd rien du texte. Mercredi, lors de la première, le volume était peut-être un peu trop élevé.

Les témoignages provenant d’archives et de journaux prennent vie et sont exposés à travers des bulletins de nouvelles radios recréés, des prises de paroles, des dialogues et des reconstitutions de rencontres gouvernementales.

Le segment sur la peur des résidants du quartier Saint-Roch de voir des Irlandais débarquer dans leur milieu de vie est d’actualité versus la peur de l’arrivée de migrants. Celui, où l’on fait un retour en arrière, sur le comportement du gouvernement anglais, à l’époque, est saisissant et apporte un nouvel éclairage sur cette famine à l’origine de la migration.

C’est très dense à certains moments. Il y a beaucoup d’informations. On retrouve des liens frappants avec l’actuelle pandémie. Grosse-Île est une proposition réussie et particulièrement bien tournée sur une réalité que bien des gens ne connaissent pas.

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