/news/politics
Publicité

Loi sur les nouvelles en ligne: Facebook n’exclut pas de bloquer les nouvelles canadiennes

Loi sur les nouvelles en ligne: Facebook n’exclut pas de bloquer les nouvelles canadiennes
AFP


Facebook persiste et signe. Des hauts gradés de Meta, la compagnie mère du géant de la techno, ont refusé de promettre aux élus fédéraux que le blocage temporaire de l’accès aux nouvelles en Australie ne se reproduirait jamais au Canada.

• À lire aussi: Achat de Twitter par Musk: retour de Trump sur Twitter à l’horizon

• À lire aussi: Elon Musk à la tête de Twitter, une arrivée autant saluée que redoutée

«Si le projet de loi [C-18] est adopté tel qu’il est proposé, nous pourrions être contraints de réfléchir à savoir si nous devons prendre quelconque mesure», a dit Marc Dinsdale, directeur des Partenariats médiatiques pour le Canada chez Meta, lors de son passage en comité vendredi.

Celui-ci répondait au libéral Anthony Housefather qui lui demandait si l’entreprise avait bel et bien l’intention de «reconsidérer l’autorisation du partage de contenu de nouvelles au Canada sur Facebook», tel qu’il le décrivait sur une publication en ligne la semaine dernière.

Rappelons que Facebook avait intentionnellement bloqué non seulement le contenu journalistique australien sur son site, mais aussi certaines pages du gouvernement, d’hôpitaux et de services d’urgence australiens en même temps et par erreur.

M. Dinsdale a reconnu qu’il s’agissait d’«erreurs», et que la même chose ne se reproduit pas au Canada advenant un blocage du contenu journalistique.

La manœuvre dissuasive avait eu lieu au lendemain de l’adoption par l’Australie d’une loi obligeant les géants de la techno à contribuer au contenu médiatique. Le chantage avait duré moins de deux semaines, et Facebook s’était attiré les foudres de la société australienne.

Le projet de loi C-18 du ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, prévoit de forcer les plateformes dominantes comme Facebook et Google de conclure des ententes avec les entités journalistiques au pays afin d’aider à rémunérer le contenu qu’ils produisent.

Bien que formulée plus vaguement lors de son passage en comité vendredi, la menace à peine voilée a valu à lui et à son collègue Kevin Chan des reproches sévères, notamment par la bouche du député libéral Chris Bittle.

«C’est absolument scandaleux. Meta est en train de se comporter comme les barons voleurs des temps modernes», a-t-il lancé à ses interlocuteurs, qui assistaient à la séance par visioconférence.

Le langage utilisé par M. Bittle n’a pas plu à la conservatrice Rachael Thomas. Elle a demandé à la présidente du comité d’intervenir pour rappeler le député à l’ordre, mais ce dernier en a rajouté une couche.

Kevin Chan, directeur des politiques mondiales de Meta, a déclaré qu’en se servant de Facebook pour partager leur contenu, les entreprises médiatiques bénéficient de «marketing gratuit».

M. Chan, qui a travaillé plusieurs années au Bureau du Conseil privé de Justin Trudeau, a aussi argué que le projet de loi tel que proposé actuellement allait à l’encontre des principes «fondateurs» de l’internet de liberté.

Meta entend déposer au Parlement ses recommandations d’amendements au projet de loi. Le Directeur parlementaire du budget a récemment évalué que le milieu médiatique pourrait récolter 329,2 millions $ par an en vertu de ces ententes.

«Ce n'est pas surprenant, mais c’est décevant de voir que Facebook fait la même chose qu’ils ont faite en Australie», a fait savoir le ministère du Patrimoine dans une déclaration écrite. «On a toujours été ouvert à renforcer le projet de loi, mais on n'est pas ouvert à ne rien faire. Facebook peut encore choisir de travailler avec le gouvernement et les parlementaires.»







Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.