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Le Canada et sa couronne... d'épines !

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Cette semaine, le Bloc Québécois a utilisé sa motion de l’opposition pour imposer au Parlement fédéral le débat sur la monarchie. Œuvre utile ou coup d’épée dans l’eau ? Le Bloc aura au moins récolté quelques appuis surprises chez les libéraux. 

Surtout, la démarche du Bloc aura fait ressortir un énorme malaise dans tous les partis. Personne ne semble enclin à affirmer que le système actuel est correct. Personne n’ose décrire le serment au souverain du Royaume-Uni comme un geste pertinent pour un parlementaire canadien.

Le malaise est si énorme dans tous les partis que par réflexe, on sait qu’il faut contourner la question, faire dévier le sujet. Avoir le roi Charles III comme chef d’État au Canada ne s’explique pas et ne se défend pas en vertu des valeurs démocratiques du pays et de l’époque.

Détourner le sujet

Le rejet de la motion du Bloc fut donc basé sur une argumentation habile, en partie vraie, mais qui esquive par tous les moyens la question de fond.

Les adversaires du Bloc ont donc plaidé que ce sujet arrive bien après le coût de la vie, le logement ou la santé dans les soucis de la population. C’est sûrement vrai. Ils ont accusé le BQ de jouer le jeu des souverainistes de l’Assemblée nationale. Probablement, oui.

Les opposants à la motion du Bloc ont affirmé qu’un tel changement requerrait une modification constitutionnelle, ce qui est hautement complexe. Évidemment. De toute façon, ajoutent-ils, ce lien avec la monarchie, de même que les serments qui en découlent, ne joue essentiellement qu’un rôle symbolique. Cela aussi est exact.

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Malaise !

En somme, tous les arguments à l’encontre de la motion du Bloc sont valides. Ce ne sont pas des mensonges. Certains les ont exprimés avec fougue et verve, malgré tout... l’éléphant demeure en plein milieu de la pièce. Le Canada est un pays qui a honte de son régime politique.

Pas une grosse honte comme celle qui découle de la maltraitance d’enfants autochtones dans l’Histoire. Juste une petite gêne qui fait qu’on préfère changer de sujet. Juste une petite gêne qui fait que même les ministres du gouvernement se sentent ridicules de dire en public que le chef d’État du Canada est le roi Charles III.

En fait, la difficulté d’opérer le changement est devenue la seule bonne raison pour le Canada de garder son affiliation à la couronne britannique. Changer signifie ouvrir la Constitution. Il faudrait alors s’entendre sur la désignation d’un nouveau chef de l’État, sur un nouveau système politique.

Puis, pour amender la Constitution et y inclure ce changement, il faudrait obtenir l’unanimité des provinces ! Et des territoires ? Et des leaders autochtones ? Avant de donner son accord, chacun des joueurs pourrait en profiter pour formuler ses propres demandes. Vous imaginez le casse-tête...

Au Canada, la couronne britannique est vraiment devenue une couronne d’épines. En parlant de couronnes, Justin Trudeau ira-t-il assister au couronnement du bon roi ?

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