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«Nous sommes Jane»: «Je crois qu’il est plus que temps que les femmes soient autorisées à faire des films sur des problématiques féminines», dit Phyllis Nagy

Phyllis Nagy et Kristina Harrison
AFP Phyllis Nagy et Kristina Harrison

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Jane, c’est le prénom anonyme par excellence. Dans le Chicago des années 1960, des femmes anonymes et déterminées l’utilisent comme nom de code pour une procédure interdite par la loi: l’avortement. Le film avec Elizabeth Banks et Sigourney Weaver raconte le périple de ces criminelles d’un autre temps dont nous parle la cinéaste Phyllis Nagy. 

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Auteure du scénario de «Carol», scénariste et réalisatrice du téléfilm «Mrs. Harris», dramaturge et metteure en scène de nombreuses pièces de théâtre, Phyllis Nagy a choisi, avec «Nous sommes Jane», de passer derrière la caméra d’un scénario qu’elle n’avait pas écrit.

«Le scénario avait tous les éléments que je mets moi-même dans mes textes, c'est-à-dire une touche légère pour parler de sujets extrêmement sérieux. J’ai été fascinée par l’idée du collectif dans ce groupe de femmes qui se rassemblent pour résoudre un problème», a dit la cinéaste à l’Agence QMI.

«Nous sommes Jane» est tirée d’une histoire vraie, celle des «Jane» dans les années 1960 à Chicago qui permettaient à des femmes d’avorter de manière sécuritaire. Car, à l’époque, l’avortement était illégal aux États-Unis. Véritable nom de code d’un réseau de femmes déterminées à s’entraider, «Jane» était la personne à appeler lorsqu’on ne voulait pas mener une grossesse à terme, quelle qu’en soit la raison. Dans le long métrage, Joy, incarnée par Elizabeth Banks, est une femme au foyer traditionnelle de l’époque qui ne peut poursuivre sa grossesse. Elle fait appel aux «Jane», fait la connaissance de Virginia (Sigourney Weaver), l’une des fondatrices du groupe, et se met à les aider, allant jusqu’à apprendre à effectuer un avortement.

«Le scénario ne comporte aucun mélodrame malvenu, aucune hystérie, etc., toutes ces choses qui, parfois, caractérisent les films à thème dans lesquels les femmes en sont le centre, notamment les longs métrages qui traitent de l’avortement», a-t-elle souligné.

Sujet féminin par excellence, droit violemment attaqué aux États-Unis en ce moment, l’avortement est une thématique sensible dont les femmes doivent s’emparer, de dire Phyllis Nagy.

«Je crois qu’il est plus que temps que les femmes soient autorisées à faire des films sur des problématiques féminines. Je crois que le "male gaze" [NDLR: le regard masculin sur le corps féminin] est une réalité, quel que soit l’homme, qu’il soit un allié ou pas. Nous n’avons tous simplement pas assez d’œuvres féminines abordant ces sujets... disons... "chauds".»

«Un film comme "Nous sommes Jane", coécrit par une femme et un homme, qui est également médecin, est important. Il est important d’autoriser des œuvres comme celle-ci à respirer dans le monde d’aujourd’hui.»

Et, à quelques jours des fameuses élections de mi-mandat aux États-Unis qui pourraient signer le retour en force de la droite conservatrice au Congrès, Phyllis Nagy se veut réaliste.

«Je ne suis pas optimiste. Je ne le suis jamais de manière à être agréablement surprise si nous obtenons la majorité au Sénat et que nous grappillons quelques sièges supplémentaires à la Chambre des représentants. J’espère que les femmes de ce pays vont aller voter sur le sujet de l’avortement. Sinon, nous allons vers des temps encore plus difficiles.»

«Nous sommes Jane» est en salle depuis le 28 octobre.

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