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La formation professionnelle, un antidote au décrochage scolaire

Samuel Plante
Photo Daphnée Dion-Viens Samuel Plante, un élève du Centre de formation professionnelle de Québec, a pu compter sur les services de «l’escouade d’intervention» dont fait partie la psychoéducatrice Sophie Dorval.

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La formation professionnelle peut représenter un antidote au décrochage scolaire pour certains, mais elle convient d’abord à tous ceux qui ont de l’intérêt pour un métier, peu importe leur profil académique, affirment plusieurs intervenants.

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D’abord, les chiffres: il est vrai que ce type de formation attire davantage les élèves en difficulté. Selon une récente enquête, 58% des élèves en formation professionnelle ont des besoins particuliers.

Ces programmes peuvent représenter «une piste intéressante» pour ceux qui ont plus de difficulté à l’école, mais il ne faut pas penser que cette avenue convient à tous ceux qui en arrachent en classe, affirme Chantale Beaucher, directrice de l’Observatoire sur la formation professionnelle à l’Université de Sherbrooke.

«Il faut d’abord que l’intérêt soit là. Si le jeune n’aime pas ça, il va décrocher quand même», ajoute de son côté Mario Bilodeau, directeur de l’École des métiers de la construction de Montréal.

La formation professionnelle a aussi beaucoup évolué au fil des ans: elle n’est plus «une voie de garage» comme c’était le cas il y a quelques décennies.

«Ce n’est pas vrai que la formation professionnelle, c’est pour ceux qui ne réussissent pas à l’école. Ce discours-là, je ne suis plus capable de l’entendre», s’impatiente Patrick Capolupo du Centre de services scolaire des Affluents, dans Lanaudière. 

«Je vous mets au défi de suivre un des cours de mécanique de machines fixes», s’exclamait-il lors de l’inauguration d’un tout nouveau centre la semaine dernière, à Mascouche.  

Samuel Plante, un élève en soudage-montage au CFP de Québec, l’a compris assez rapidement. «Avant, je pensais que la formation professionnelle, c’était juste pour les gens qui voulaient travailler avec leurs mains. Mais il y a de la théorie en tabarouette», lance-t-il.

Samuel Plante
Photo Daphnée Dion-Viens

Le jeune homme de 18 ans, qui a fait un passage au cégep avant d’opter pour la formation professionnelle, a d’ailleurs passé tout près d’abandonner sa formation au printemps. La motivation n’était tout simplement plus au rendez-vous, dit-il. 

«Je ne serais plus là si je n’avais pas eu de l’aide. J’avais besoin qu’on vienne me tirer et qu’on me rappelle que j’avais presque terminé. J’étais comme une tondeuse qui avait besoin d’être crinquée», raconte-t-il en souriant.

Samuel a pu compter sur la précieuse aide de «l’escouade d’intervention» du CFP de Québec, composé d’une psychoéducatrice, d’un travailleur social, d’un conseiller pédagogique et d’un conseiller en orientation. 

Les ressources pour aider les élèves comme Samuel sont de plus en plus nombreuses dans les centres de formation professionnelle, qui doivent s’ajuster aux besoins de leur clientèle.

En classe, certaines adaptations peuvent être faites, mais il n’est pas question de donner du temps supplémentaire pour faire un examen, une mesure fréquente au secondaire, indique Julie Daigle, directrice adjointe du CFP de Québec.

«Il n’y a pas un employeur qui va donner plus de temps à un employé dans son milieu de travail, alors on ne peut pas faire ça», dit-elle. 

Les élèves s’habituent toutefois rapidement à ce nouveau rythme, assure Mme Daigle.

– Avec la collaboration de Dominique Scali

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