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La fin de la démocratie américaine

La fin de la démocratie américaine
AFP

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Une bonne partie de la population américaine ne croit plus aux élections. Cela est terriblement grave. 

Joe Biden a déclaré hier que la démocratie américaine ne pouvait plus être considérée comme acquise. Déjà, des républicains clament haut et fort, mais sans aucune preuve, que les élections de mi-mandat sont entachées de fraude.

Aux élections de mi-mandat, la question ne touche pas tant les résultats au Congrès que la multitude d’élections locales qui se tiennent en même temps à travers le pays.

Des stratèges républicains veulent faire croire aux électeurs démocrates que leur vote ne comptera pas. Soit parce que les jeux sont déjà faits, soit parce que les arbitres des élections sont des républicains qui refuseront de valider des résultats qui avantageraient les démocrates.

La première manœuvre électorale est de bonne guerre. Elle est souvent utilisée pour décourager les électeurs d’un camp d’aller voter.

Par contre, la seconde manœuvre est antidémocratique. Les candidats qui participent à une élection doivent tous accepter à l’avance le résultat des urnes. Surtout quand rien ne présage une fraude massive.

Il faut rappeler qu’en dépit des accusations des républicains, aucune fraude à vaste échelle n’a été prouvée aux États-Unis lors des dernières élections. Tout au plus quelques cas anecdotiques ont été rapportés. Il en va de même pour les premiers votes anticipés ou à distance aux élections de mi-mandat.

Depuis longtemps

La dérive du système électoral américain a commencé il y a longtemps, avec le découpage ultra-partisan des circonscriptions électorales, et elle s’est poursuivie plus récemment, avec le refus de plafonds pour les dépenses électorales, cadeau d’un jugement répréhensible de la Cour suprême américaine.

Les menaces actuelles contre la démocratie sont plus dangereuses que les précédentes parce qu’elles sont de nature culturelle, parce qu’elles reposent sur la transformation des mentalités individuelles.

Il est frappant que la nouvelle culture politique antidémocratique se cristallise autour de Donald Trump, un homme qui souffre de narcissisme avancé et qui, par conséquent, ne conçoit pas qu’il pourrait perdre.

Les arguments rationnels n’ont à peu près aucune prise sur les partisans de cette nouvelle culture politique. Pour eux, seule la victoire compte, c’est-à-dire le maintien de leur mainmise sur le pouvoir. D’ailleurs, les républicains trumpistes n’ont pratiquement aucun programme électoral.

Responsabilités démocrates

Les démocrates sont en partie responsables de la dérive démocratique, dans la mesure où ils ont peu à offrir aux électeurs dits indépendants. Les dirigeants démocrates forment une gérontocratie qui repousse beaucoup de candidats plus jeunes et de qualité. L’aile woke démocrate déplaît à une vaste majorité d’Américains. Le discours démocrate nonchalant sur l’économie est mal reçu.

Les démocrates sont coupables de leur incapacité de présenter des candidats forts face à Trump et à sa bande.

Mais attention, comme l’impérialisme culturel américain nous submerge, ce courant antidémocratique a déjà traversé nos frontières. Il va s’amplifier.

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