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Truth Social gagne en puissance: à quoi s'attendre sur le «Twitter» de Donald Trump

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Alors que les élections de mi-mandat auront lieu le mardi 8 novembre, la plateforme conservatrice Truth Social de Donald Trump est à l’avant-scène en raison de son influence grandissante dans la politique américaine.

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Après l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021, Donald Trump est banni de Twitter et des plateformes de Meta, de Facebook et d'Instagram. Avant ça, il comptait 89 millions d’abonnés sur Twitter, 35 millions sur Facebook et 24 millions sur Instagram

À la suite de cela, le 45e président des États-Unis annonce son intention de construire une plateforme pour s’opposer à «la tyrannie des géants de la technologie» qui font «taire les voix dissidentes de l’Amérique».

Comme le scrutin de mi-mandat a lieu ce mardi 8 novembre, nous avons décidé d’aller faire un tour sur Truth Social.

Quid de Donald Trump sur sa plateforme?

«Grand mensonge», désinformation électorale en vue des élections de mi-mandat et sur les enquêtes le concernant, amplification des théories QAnon: ce sont les quatre grands sujets que l’ex-président privilégie.

Un exemple des nombreux «retruthers» (des repartages) sur la page de l'ex-président américain.
Capture d'écran @realDonaldTrump / Truth Social
Un exemple des nombreux «retruthers» (des repartages) sur la page de l'ex-président américain.

Ce dernier continue donc de clamer qu'il s'est fait voler la victoire par des démocrates et avance que le prochain scrutin sera lui aussi truqué. Si cette rhétorique est à la source de son bannissement de Twitter et de Meta, il peut la répandre librement ici.

Ce «grand mensonge» est même adapté au contexte étranger, comme ici avec Steve Bannon qui explique que Jair Bolsonaro a perdu l’élection présidentielle brésilienne à cause de la «triche» et du «mensonge de la gauche».

Pour rappel, la théorie d'un complot démocrate visant à voler la présidentielle américaine n’a jamais été mise en lumière et serait un mythe. Ce n'est pas la même chose du côté républicain

Au-delà de l'inclusion du scrutin de mi-mandat dans le «grand mensonge» trumpiste, les midterms lui permettent d'opérer la promotion de son rôle dans un possible succès républicain mardi soir. 

On retrouve aussi beaucoup de messages d’insultes aux candidats ayant douté de lui, ou qui ont voté en faveur de la certification des résultats et de la seconde procédure en destitution, à la suite de l’assaut du 6 janvier au Capitole. 

Il se moque aussi de son potentiel futur adversaire à la primaire républicaine, Ron DeSantis, gouverneur de la Floride.

Donald Trump communique aussi énormément contre les enquêtes en cours le touchant au moyen d’une expression: «Witch Hunt» («Chasse aux sorcières»).

Les moyens de défense utilisés ont trait aux théories conspirationnistes, et ce, même si, par exemple, de nombreuses analyses ont balayé ces dernières, comme celle avançant que le FBI aurait dissimulé chez lui les documents secrets ayant conduit à la perquisition de Mar-a-Lago.

Enfin, si au départ l’ex-président disait qu’il ne connaissait QAnon que par le simple fait que ceux qui suivent ce culte «aiment Donald Trump», il en est maintenant l’un des principaux porte-voix.

Un outil de campagne pour le Parti républicain

Truth Social est aussi un moyen pour le Parti républicain et ses communicants de diffuser de manière plus intense son message à la veille des élections de mi-mandat. 

De nombreux utilisateurs n’hésitent pas eux non plus à répandre des théories conspirationnistes sur les élections ni à harceler le personnel électoral.

On y retrouve néanmoins quelques personnalités démocrates qui tentent de troller la plateforme, comme Gavin Newsom, le populaire gouverneur de la Californie.

Une viabilité à long terme en question

Si Truth commence à avoir une relative importance, la plateforme ne bat pas les chiffres de trafic de Twitter. Il n’y aurait que 2 millions d’usagers journaliers actifs sur le site, contre 237,8 millions pour l’oiseau bleu

Comme avec Parler, il est difficile d’assurer une viabilité dans l’écosystème du microblogging conservateur, car la concurrence est multiple et les chiffres sont minimes face à Twitter. 

Les questions sont nombreuses quant au futur de Truth. À plus forte raison, une échéance de financement et la fusion avec le possible partenaire Digital World Acquisition Corp. (DWAC), qui auraient dû avoir lieu aujourd’hui, ont été ajournées pour une 6e fois de suite.

Et les Québécois sur Truth

Comme avec Parler, notre balade sur Truth Social ne nous a pas vraiment permis de rencontrer de personnalités conservatrices québécoises. Ici aussi, les contenus sont principalement américains et destinés à un lectorat anglophone.

Cependant, on a vu plusieurs retruthers (des repartages) à la sauce QAnon et «conspi» de nouvelles québécoises, par exemple la lettre polémique de médecins opposés à la vaccination contre la COVID-19 pour les enfants.

Le compte déserté de Jeff Fillion sur Truth Social.
Capture d'écran @jefffillion / Truth Social
Le compte déserté de Jeff Fillion sur Truth Social.

Enfin, on a trouvé de la publicité pour aller écouter Alexis Cossette-Trudel et d’autres conspirationnistes québécois sur les plateformes alternatives Oddysee ou Rumble et le compte de Jeff Fillion, qui a été déserté après une publication d'avril 2022.

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