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Environnement : que veut dire « faire sa juste part » ?

Manifestation pour le Climat
Photo Agence QMI, Thierry Laforce

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La justice climatique sera un sujet chaud durant la COP27 qui débute ce lundi en Égypte. 

Appel à la coopération 

Tous les pays sont invités à prendre des engagements qui les mèneront à faire leur juste part. C’est-à-dire beaucoup, beaucoup plus que maintenant pour éviter l’emballement climatique. 

Mais que veut dire « faire sa juste part » dans un contexte où tous les pays n’ont pas les mêmes moyens ni les mêmes responsabilités historiques quant aux milliards de tonnes de GES qui sont déjà dans l’atmosphère ?

À cet égard, les pays industrialisés depuis longtemps ont nécessairement une plus grande responsabilité puisqu’ils ont émis davantage de GES au cours des dernières décennies. C’est le cas du Québec et du Canada.

La faute aux autres

Chaque fois que j’écris à ce sujet, on me rappelle que la Chine et l’Inde émettent infiniment plus de GES que le Québec. C’est évident considérant qu’ils sont aussi infiniment plus nombreux en leurs frontières. 

Qui plus est, une partie de ce que nous consommons ici est fabriquée chez eux. 

C’est pourquoi, si on veut se comparer et parler de « juste part » pour définir nos responsabilités respectives, il est plus équitable et intellectuellement rigoureux de considérer les émissions par habitant.

Selon les derniers inventaires, au Québec, nous en sommes à 9,9 tonnes équivalent CO2 par habitant. Les Chinois sont à 7,6 et les Indiens à 1,8. Quant à la moyenne mondiale, elle est à 4,5. 

Évidemment qu’on fait mieux que la moyenne canadienne qui est à 15,4. Et les États-Unis, à 14,7. 

Mais le Québec fait nettement moins bien que la France et la Suisse qui sont respectivement à 4,5 et 4,4.

Gagner la course climatique

Quand je faisais des compétitions d’athlétisme, je m’inspirais de celles qui couraient plus vite que moi. Me comparer aux plus lentes me flattait l’ego, mais ne me poussait pas à m’améliorer. C’est en s’entraidant les unes les autres qu’on performait le mieux.

Le Québec gagnerait à se comparer à la Suède plus qu’aux États-Unis. Comme nous, la Suède ne produit pas de pétrole ni de gaz. Son climat, sa géographie et son économie ressemblent aux nôtres. 

Pourtant, l’empreinte carbone d’un Suédois est deux fois plus petite que celle d’un Québécois ! 

Comme au Québec, sa production électrique est principalement hydroélectrique et éolienne. Mais contrairement au Québec, elle a misé davantage sur une économie sobre en carbone. 

La Suède a aussi mis un prix sur le carbone qui est aujourd’hui à 155 $ la tonne. Ici, on est encore à 37 $. C’est loin d’être suffisant pour encourager une vraie réduction des émissions.  

Ce pays nordique s’est aussi doté d’une vraie loi climat qui vise la neutralité carbone pour 2045. Depuis 1990, la Suède a réduit ses émissions de 33 %. Au Québec, on est à moins de 3 %.

Est-ce que l’ambition climatique du gouvernement a rendu les Suédois pauvres malheureux ? 

C’est plutôt le contraire. La Suède est un des pays du monde qui a le plus haut indice de bonheur, figurant actuellement au sixième rang.

Alors qu’est-ce qu’on attend pour s’en inspirer ? 

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