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Le supplice de la goutte pour Anglade

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Photo d'archives, Agence QMI

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La semaine de Dominique Anglade a ressemblé à un chemin de croix. Si elle s’accroche alors que les voix s’élèvent pour réclamer son départ dans la famille libérale, ce ne sera qu’un désagréable avant-goût de la suite.

« C’est le fun entrer en politique, mais il faut savoir quand et comment en sortir », dit sans ambages l’ex-ministre libéral Stéphane Billette, qui était président de la campagne victorieuse du PLQ en 2014.

Dans une courte discussion, celui qui a travaillé de près avec Dominique Anglade à titre de délégué aux Petites et Moyennes Entreprises en 2017 porte un jugement sans appel.

« Elle ne peut pas rester. Je parle aux gens dans mon comté, aux membres, il n’y a aucune connexion avec la population et les gens ne se retrouvent pas dans ses orientations. Il y a vraiment eu une brisure et plusieurs associations de comté sont éclatées. »

Billette a été élu à trois reprises dans Huntingdon, une circonscription où le PLQ vient de recueillir seulement 4200 voix d’appuis, moins de la moitié de ce qui était son pire score jusque-là.

Depuis l’expulsion de la députée Marie-Claude Nichols et la pathétique tentative de la réintégrer, plusieurs anciens élus libéraux, comme Stéphane Billette aujourd’hui, ont conseillé à la cheffe au leadership amoché de céder sa place.

  • Écoutez la rencontre Rémi Nadeau et Marie Montpetit diffusée chaque jour en direct 17 h 30 via QUB radio :

Un après l’autre

Sa voix s’ajoute à celles de Nicole Ménard, André Drolet, Robert Poëti, Paule Robitaille et Lucie Charlebois, notamment, qui se sont tous exprimés au cours de la semaine.

Des présidents d’associations libérales de circonscription, dont l’appui est crucial lors d’un futur vote de confiance, ont commencé aussi à réclamer son départ.

C’est sans compter tous ceux qui ont fait connaître le fond de leur pensée à travers les médias dans les derniers jours, sans être nommés.

Puis, des employés ne cachent plus que le climat de travail a été très tendu au sein de l’équipe Anglade depuis des mois.

Pendant ce temps, certains députés actuels ayant survécu à la déconfiture du 3 octobre préfèrent ne pas rappeler les journalistes qui sollicitent leur avis.

On ne peut pas dire que l’on sent un très grand enthousiasme pour défendre la cheffe en difficulté.

Attrapé dans les corridors du parlement mercredi, le leader de l’opposition officielle Marc Tanguay a sèchement réitéré sa confiance, en demeurant muet sur les raisons qui la justifient.

Vote de confiance ?

Dans les circonstances, est-ce que la cheffe Anglade pourrait remporter un vote de confiance si elle y était soumise ? Poser la question, c’est y répondre.

Que gagne-t-elle à étirer le supplice ?

Si au bout du compte, ce qui l’attend, c’est l’humiliation, en pire, qu’a vécu Bernard Landry en 2005 devant les membres du Parti Québécois.

On peut saluer qu’elle ait traversé une campagne électorale complète à la tête d’une organisation en déroute tout en conservant le sourire.

Mais il ne suffit plus de se filmer en exécutant quelques pas de danse pour chasser la morosité avant un débat des chefs.

Poursuivre ressemblerait presque à un entêtement malsain.

Il existe une hypothèse. 

Celle selon laquelle Anglade voudrait au moins mener ce qui reste de son équipe de députés, composée d’une bonne part de recrues, au cours des deux semaines de travaux parlementaires qui précéderont Noël.

Elle pourrait accompagner certains élus inexpérimentés qu’elle a recrutés pour l’élection, avant de passer le flambeau au début 2023.

Elle aura besoin de ce qui lui reste de carapace.

Car elle ne peut ignorer que certains discutent maintenant de sa succession.

Ce sera encore douloureux. Comme un boxeur qui titube devant un adversaire invisible... 

En vrac 

Il saute la clôture !

Yannick Chassé, qui était vice-président de l’association libérale de Rimouski, conseillait le candidat libéral du comté lors de la campagne. Qu’à cela ne tienne, il vient de passer à la CAQ comme conseiller politique de la gagnante Maïté Blanchette Vézina.  


Pierre et les caribous

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Photo d'archives, Agence QMI

Éjecté du Conseil des ministres, Pierre Dufour s’est comporté en joueur d’équipe, en parlant au nom du gouvernement en marge de la rencontre avec François Legault et les élus de sa région.

Alors qu’un journaliste lui a redemandé si le dossier des caribous lui avait coûté son poste, il a eu cette réplique savoureuse : « Le caribou est un dossier à débit variable dépendamment où on se trouve. » 

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