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Élections de mi-mandat aux États-Unis: Peter Thiel, le milliardaire prorépublicain qui hait la démocratie

Élections de mi-mandat aux États-Unis: Peter Thiel, le milliardaire prorépublicain qui hait la démocratie
AFP

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On appelle la «mafia de PayPal» les fortunes comme Elon Musk et Peter Thiel, qui étaient derrière les premiers succès du site de paiement en ligne. Si Musk fait les gros titres de beaucoup d’observateurs dernièrement en raison d'un comportement erratique et conspirationniste à la suite de l’achat de Twitter, Thiel, quant à lui, reste discret mais finance avec vigueur une pléthore de candidats républicains en accord avec sa vision apocalyptique de la société.

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Le milliardaire Peter Thiel est devenu l’un des principaux donateurs du Parti républicain. Il a déjà donné plus de 30 millions de dollars depuis le début du plus récent cycle électoral.

Les candidats qu’il choisit sont des trumpistes encore plus trumpistes que Trump, et à la lumière de récents dossiers, il est intéressant de découvrir qui est cette personne aux opinions personnelles indicatrices de ce qu’est en train de devenir le Parti républicain, et la nouvelle droite d’ici et d'ailleurs.

Un faiseur de rois dont les poulains sont à l’écoute de sa fortune

J. D. Vance et Blake Masters ont pu recevoir plus de 10 millions de dollars en dons de la part du cofondateur de PayPal. Ces derniers, candidat républicain au Sénat en Ohio et candidat en Arizona, respectivement, sont liés à Thiel.

Ils proviennent en fait tous les deux de PayPal, en plus de partager les mêmes valeurs politiques, ce qui est le plus important pour Thiel.

Décrit comme le nouveau faiseur de rois de la droite radicale, Thiel n’avait plus fait de dons à des candidats politiques depuis 2016, année de l’élection de Donald Trump. À cette époque, il était même l’un des premiers donateurs de la Big Tech pour le futur président.

Si certains candidats que Thiel finance pouvaient être de forts détracteurs de Trump dans le passé, les dons les ont transformés – comme avec J. D. Vance en Ohio – en défenseurs du mensonge du vol de l’élection par Biden, en détracteurs de l’immigration, de la mixité sociale et du mélange racial.

Une idéologie aux tendances antidémocratiques et racistes

Une autre enquête du New York Times concernant Thiel nous renseigne plus en détail sur son idéologie. Voici son résumé: une «nécessaire purification de la société dérangée américaine», «créée par un gouvernement complètement dérangé», «dirigé par des zombies juste occupés à réorganiser les chaises longues». 

Si son «plan de purification» ne fonctionne pas, Thiel a une échappatoire: une multitude de passeports étrangers lui permettant de s’évader de la «société dérangée américaine» afin d'essayer de continuer sa lutte à partir d'autres pays ou d'importer cette croisade dans d'autres contrées occidentales aux valeurs libérales.

Cette haine de la démocratie libérale est le moteur d’un corpus prônant le retour des valeurs morales conservatrices, et une destruction de l’État au profit d’un régime autoritaire plaçant des fortunes entrepreneuriales comme lui ou son ancien comparse Musk en tant que dirigeant éclairé.

La Silicon Valley au service du conservatisme américain

Cette vision apocalyptique de la société n’est cependant pas unique. Elle est partagée par un grand nombre de fortunes de la Silicon Valley – comme le rappelle le magazine The New Republic –, qui utilisent eux aussi leurs richesses pour financer des candidats républicains radicaux.

Libertarienne dans sa haine de l’État, extrêmement conservatrice dans sa mise en avant des valeurs morales d’antan, en opposition avec la démocratie dans sa promotion d’un système où un roi entrepreneurial éclairé guiderait la société, cette vision est au cœur des réflexions de la nouvelle droite, des États-Unis à chez nous.

Et sa diffusion ne se limite pas à Thiel. Des individus fortunés comme le nouveau propriétaire de Twitter ont utilisé leur influence pour tenter de donner une voix plus forte aux opinions conservatrices, prétextant que ces dernières seraient occultées par les algorithmes des réseaux sociaux, affirmation à maintes reprises niée

Le Parti républicain est favori pour l’emporter demain aux élections de mi-mandat. Mais l’influence à long terme de ces riches donateurs ne peut que s’accroître, alors que Donald Trump, par sa recherche de partenaires financiers pour son nouveau groupe Trump Media & Technology Group (TMTG), s’en rapproche énormément.

La danse des millions rend de plus en plus difficile de résister à la tentation fasciste - Luc Laliberté

 Alors que les élections de mi-mandats de ce mardi 8 novembre seront primordiales pour la santé de la démocratie américaine, le chroniqueur au Journal et à Qub Radio, Luc Laliberté, s’inquiète du pouvoir d’influence de fortunes comme Peter Thiel.

Élections de mi-mandat aux États-Unis: Peter Thiel, le milliardaire prorépublicain qui hait la démocratie
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

«Qu’ils soient les riches qui tiennent la tirelire ou les adeptes qui s’activent ou recherchent le soutien de ces généreux donateurs, de nombreux adeptes de ces théories d’extrême droite n’ont plus aucun problème à afficher ouvertement leurs croyances. On le voit avec les propos assez forts de Peter Thiel retranscrits dans l’article», explique-t-il.

«Ce n’est malheureusement pas nouveau. L’idéologie apocalyptique telle que suivie par Thiel se retrouve aux États-Unis depuis les années 1930. Ce qui est nouveau en 2022 c’est le nombre de donateurs et de candidats qui défendent les idées sous-jacentes à cette idéologie et c’est surtout le fait que les défendre n’équivaut plus du tout au discrédit», ajoute-t-il.

 Luc Laliberté évoque ainsi une «danse des millions rend de plus en plus difficile de résister à la tentation fasciste». Et il conclut en disant qu’«elle en étourdit plus d’un, mais le vers est dans la pomme. Joe Biden évoquait il y a peu l’existence d’un semi-fascisme, il avait à moitié raison.»

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