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S'attaquer efficacement à la pénurie d'enseignants

Le nouveau ministre de l'Éducation, Bernard Drainville
Photo Didier Debusschere Le nouveau ministre de l'Éducation, Bernard Drainville

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Nous apprenions récemment que le ministre de l’Éducation planchait sur des solutions à la pénurie d’enseignants et lançait un appel aux syndicats «pour qu’ils fassent aussi partie de la solution».  

En effet, certains changements ne pourront jamais se faire si nous restons dans l’idéologie du «tout le monde pareil». Mais il faut d’abord et avant tout dépolitiser l’éducation et travailler en dehors des intérêts corporatistes.

Pour nous attaquer efficacement au problème de la pénurie, nous devons miser sur des solutions en lien avec les trois étapes de la vie d’un enseignant: sa formation, son insertion professionnelle et le reste de sa carrière.

La formation

Plusieurs questions méritent un débat:

Est-ce que l’offre des cours et des stages est appropriée? Est-ce qu’il ne serait pas souhaitable de décentraliser la formation pratique vers les CSS? 

La maîtrise qualifiante est-elle la solution? Ce parcours est particulièrement long et ardu pour un bachelier voulant se lancer en éducation. Également, ceux qui veulent quitter leur emploi afin de relever le défi de l’enseignement doivent se faire offrir un salaire concurrentiel. 

Est-ce qu’on pourrait ramener le baccalauréat de trois ans ou encore faire revivre le certificat de pédagogie pour l’enseignement secondaire? Et pourquoi ne pas transformer la dernière année du bac de quatre ans en un «internat»?

Sachant que la durée des études est d’un maximum de quatre ans pour une carrière de 35 ans, est-ce qu’on ne devrait pas miser davantage sur la formation continue?

L’insertion professionnelle

On forme beaucoup d’enseignants au Québec. Malheureusement, le décrochage est élevé lors des premières années. L’instauration du nouveau programme de mentorat est un petit pas dans la bonne direction, mais il faut aller beaucoup plus loin.

À la suite de l’analyse de la distribution de la pénurie, il serait pertinent d’ajuster certaines modalités de la convention collective selon les endroits où l’on travaille.

De plus, les enseignants à statut précaire devraient se voir offrir de la stabilité en début de carrière. Ils devraient être associés à une école. Il faut mettre fin au cirque du choix des tâches au mois d’août. Comme cela varie selon les CSS, il faudrait «nationaliser» cette pratique. Fini le changement d’école et le changement de tâche annuel.

Le reste de la carrière

Même si la formation et l’insertion professionnelle deviennent des éléments positifs de rétention du personnel, cela ne sera pas suffisant. Il y a d’autres facteurs importants à considérer pendant l’ensemble de la carrière. 

Avec les années qui passent, je constate que le job est plus difficile qu’à mes débuts. Plusieurs éléments ont mené à l’alourdissement de notre travail. Je crois que le point de bascule se retrouve quelque part entre 2000 et 2010

Il faut mettre fin au minutage de la tâche et reconnaître notre professionnalisme. En contrepartie, les enseignants devraient être représentés par un ordre et/ou une association. Et avec la reconnaissance de notre professionnalisme doit aussi venir celle de notre autorité.

Il faut retourner à l’essentiel: l’enseignement.

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