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Une arrestation préjudiciable

Arrestation pour
Capture d'écran, FACEBOOK Un Québécois d’origine africaine pris en flagrant délit de vol de sa propre voiture…

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Une de trop... En fin de semaine dernière, un citoyen d’origine africaine et noir de peau a été arbitrairement épinglé et clairement humilié en public par deux policiers de Montréal, apparemment parce qu’il était suspecté de tentative de vol de sa propre voiture.

Une deuxième enquête est ouverte relativement à cette affaire au sein du SPVM...

La première enquête fut précoce, voire bizarrement éphémère.

Est-ce un cas de profilage racial ? Si au terme de l’enquête, il s’avérait que c’était bel et bien le cas, alors, avec un peu de recul, on pourrait illustrer l’absurdité de l’incident par le fait que ce citoyen basané ait été arrêté pour excès de mélanine dans la peau.

La mélanine est ce pigment architecte de la couleur foncée ou claire de la peau. Conséquemment, plus on en a, plus on est noir... de peau.

Noirs, bruns, roux ou blonds, la mélanine définit aussi la couleur des cheveux.

Les études scientifiques s’accordent, sans l’ombre d’un doute, sur le fait que la fonction fondamentale de la mélanine est de protéger votre peau des effets des rayons UV du soleil.

Une question de préjugés ?

Il n’a cependant jamais été démontré que la mélanine est une anomalie et encore moins un marqueur génétique dont la fonction principale constitue le crime en général et le vol de voitures en particulier...

Dans la police de Montréal, existe-t-il encore des policiers, potentiellement prisonniers inconscients de leurs biais cognitifs, pour remettre en question la lecture scientifique de la mélanine ?

Dans certains de ces esprits, tout citoyen noir serait-il un criminel potentiel ? Dans l’affirmative, il serait alors pertinent de se pencher sur les stigmates de leur éducation et ceux de leur formation professionnelle afin de corriger les « failles »...

Une erreur de jugement ?

En tant que citoyen, j’ose espérer que cet incident ne soit qu’une erreur de jugement de la part des deux policiers.

Cependant, État de droit oblige, le dénouement de l’imbroglio passera certainement par les tribunaux.

Mais même si la présumée victime a gain de cause, cela n’annihilera malheureusement pas la présence de l’éléphant au milieu de la pièce : les préjugés...

Tant et aussi longtemps qu’on ne s’attaquera pas à la source qui alimente les préjugés des uns à l’endroit des autres, le problème persévérera.

Pour contribuer à la pédagogie collective, ce dénouement devra être aussi visible que le malheureux incident lui-même.

« L’affaire » a déjà franchi nos frontières médiatiques. Montréal n’est pas une île perdue au milieu d’un océan.

Montréal fait partie d’un écosystème globalisé et interconnecté.

Depuis quelques années, ici comme ailleurs dans le monde civilisé, la raison ne banalise plus le genre d’incident qui s’est produit sur notre sol jeudi dernier.

Un honneur est en jeu, celui de la présumée victime.

Des réputations sont également en jeu. Celle de Montréal, celle de sa police et celle du Québec par extension.

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