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Renault va lancer ses voitures électriques en Bourse

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Paris | Le constructeur automobile français Renault a présenté mardi une « révolution » qui doit attirer les investisseurs, lançant son projet de faire entrer ses voitures électriques en Bourse et partageant l’ancien monde de la motorisation thermique avec le Chinois Geely.

Sa nouvelle filiale électrique baptisée « Ampere » rassemblera 10 000 salariés en France pour produire un million de véhicules électriques sous marque Renault à horizon 2031, a précisé le groupe en amont d’une journée dédiée aux investisseurs à Paris.

Ampere vise plus de 30% de croissance annuelle dans les huit prochaines années, et 10% de marge en 2030, contre 4,7% pour le groupe Renault au premier semestre 2022.

Ampere produira notamment les nouvelles Renault 5 et Renault 4 dans le Nord de la France.

La marque au losange compte introduire cette filiale à la Bourse de Paris « au plus tôt au second semestre 2023 » et financer ainsi son coûteux virage électrique tout en conservant « une forte majorité » dans Ampere.

Le fabricant américain de puces électroniques Qualcomm, fournisseur de Renault, s’est déjà positionné comme actionnaire d’Ampere.

Renault, dont l’État français et Nissan possèdent chacun 15%, doit encore préciser la part que prendra son partenaire japonais dans sa nouvelle filiale électrique.

Cette réorganisation annonce une refonte profonde de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, avec une réduction de la part de Renault au capital de Nissan.

Financer l’électrique

Du côté des moteurs thermiques, Renault partagera ses activités à 50/50 avec le groupe chinois Geely, déjà propriétaire de Volvo.

Les deux partenaires vont créer un équipementier appelé « Horse » (cheval) qui développera et produira des moteurs, des boîtes de vitesses et des systèmes d’hybridation destinés aux voitures thermiques (essence et diesel) et hybrides.

Cet attelage franco-chinois comptera 19 000 employés en Europe (Espagne, Roumanie et Suède), en Chine et en Amérique du Sud, avec dix-dept usines et cinq centres de R&D. Son chiffre d’affaires, estimé à plus de 15 milliards d’euros, devrait croître de 4% jusqu’en 2027.

Les finances du groupe restent cependant fragiles: Renault avait commencé à se remettre d’une perte historique due à la pandémie de Covid-19 en 2020 avant de prendre un nouveau coup avec son retrait de Dacia en Russie au printemps 2022.

Avec ce nouveau volet de son plan stratégique, appelé « Révolution », Renault vise une marge opérationnelle supérieure à 8% au niveau du groupe en 2025 et supérieure à 10% en 2030.

Renault compte également rétablir un dividende en 2023, alors qu’il n’en a pas versé depuis 2019. Il entend par ailleurs porter l’actionnariat salarié à 10% du capital en 2030.

La valorisation des groupes automobiles traditionnels fait cependant pâle figure face à celle de nouveaux entrants spécialisés dans les voitures électriques, comme l’Américain Tesla ou le Chinois BYD.

L’Américain Ford a aussi annoncé la création d’une filiale électrique, “Model E”, tandis que l’Allemand Volkswagen a lancé en Bourse sa marque Porsche pour financer son électrification.

Maintenir le thermique

Une nouvelle entité, « Power » (puissance), rassemblera par ailleurs toutes les activités thermiques et hybrides du Losange: la filiale Horse, donc, mais aussi les voitures non électriques de la marque Renault, celles de sa marque économique Dacia, qui va progressivement s’électrifier et qui vise une marge de 15% en 2030, et les véhicules utilitaires.

La marque sportive Alpine va aussi prendre de l’ampleur en s’ouvrant aux investisseurs. Alors qu’elle ne fabrique pour l’instant qu’un modèle, l’A110, vendu à quelques milliers d’exemplaires, elle va s’appuyer sur sa nouvelle notoriété due à sa présence en Formule 1 pour rechercher des investisseurs.

Outre la prochaine A110, une petite berline et un SUV, tous électriques, Alpine prévoit aussi de lancer une grande berline et une berline de luxe, et s’étendre notamment en Amérique du Nord ou en Chine.

La marque vise une croissance de 40% par an entre 2022 et 2030 et plus de 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2030.

« Nous concevons une organisation agile et innovante pour gérer la volatilité et l’évolution technologique accélérée de notre époque », a souligné le directeur général du groupe Luca de Meo.

Le groupe a également annoncé un renforcement de son partenariat avec Google pour concevoir une nouvelle plateforme électronique pour ses véhicules à partir de 2026.

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