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La vérité avec la santé nationaliste

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Le front commun des provinces face à Ottawa a un statut mythique lorsque vient le temps de réclamer des milliards en santé. Le problème, c’est que contrairement aux fronts communs syndicaux, il survit rarement au test des négociations.

Car contrairement aux syndicats de la fonction publique qui n’ont qu’un seul employeur, les provinces et leur électorat ont tous un rapport bien différent au gouvernement fédéral.

Cette nouvelle ronde de négociations ne fera pas exception à la règle. François Legault pourra alors remercier le fédéralisme asymétrique de Jean Charest.

  • Écoutez la rencontre Latraverse-Dumont diffusée chaque jour en direct 17 h via QUB radio :

Diviser pour régner

Les provinces ont entièrement raison d’exiger d’Ottawa une augmentation substantielle des transferts en santé. 

La pandémie a fini de faire la démonstration que notre système de santé est au bord de l’implosion. Or, elle a aussi convaincu une bonne partie de l’électorat que le système lui-même est brisé, et donc que d’y pomper encore des milliards ne suffit pas.

C’est l’éternel bras de fer des conditions d’Ottawa.

Cette fois-ci, le ministre fédéral, Jean-Yves Duclos, s’est montré imaginatif.

Il offre une bonification du transfert en santé (l’argent sans conditions) pourvu que les provinces s’entendent sur un partage de données (sur lequel elles planchaient de toute façon avec Ottawa depuis février dernier).

Puis, Ottawa fait miroiter des ententes particulières pour répondre aux besoins de chaque province. Lire ici ententes assorties de conditions sur où va aller l’argent.

Il ne faut pas se laisser berner par la déception unanime des provinces à Vancouver.

Si les premiers ministres provinciaux ont dénoncé l’inaction du fédéral avant même la fin des discussions à Vancouver, c’est avant tout pour masquer la fragilité du front commun qui les lie.

Tous connaissent la recette. 

Le ministre fédéral de la santé n’allait jamais parler argent, il était là pour parler des plans de réforme envisagés. 

L’argent, c’est la ministre des Finances Chrystia Freeland qui va s’en charger avec ses homologues des Finances. Elle sait s’y prendre, c’est elle qui a amadoué les provinces une à une pendant la pandémie et les négociations sur les services de garde.

Fort de l’appui des grands lobbys de la santé au Canada anglais, Ottawa est convaincu de pouvoir répéter l’exploit. Les provinces le savent aussi. Elles signeront.

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Quelle autonomie ?

Ce qui nous ramène aux fins de non-recevoir du ministre Christian Dubé. 

Québec a toujours eu l’argent sans conditions. Les réformes du Québec sont déjà en marche. Payez et regardez-nous aller, etc.

Sauf que Québec a accepté des fonds ciblés en 2017 pour la santé mentale et les soins à domicile. Pire, il a été le premier à signer le renouvellement de l’entente juste avant les élections !

Le précédent est là. Inoubliable. Incontournable.

Certes, un petit langage bien bureaucratique au bas de l’entente permettrait à tous de sauver la face. Or, pour le gouvernement Legault, la santé s’érige soudainement comme le premier test de son nationalisme face à Ottawa.

S’il cède trop aisément cette fois-ci, quelle marge de manœuvre lui restera-t-il lorsqu’il sera question de l’immigration ? Car voilà un dossier où tous ont compris que des compromis s’en viennent, même si la survie de la nation est en jeu.

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