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Caisse de dépôt : le poids du Québec fond

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En 2013, sous le gouvernement péquiste de Pauline Marois, l’actif des placements que la Caisse de dépôt et placement détenait au Québec représentait 26,1 % de l’actif net du portefeuille de la Caisse. À la fin de décembre dernier, le poids des placements québécois s’élevait à 18,6 %.  

C’est donc dire que sous l’actuel gouvernement caquiste de François Legault, le poids de l’actif du Québec dans le portefeuille de la Caisse accuse une baisse majeure de 7,5 points de pourcentage par rapport à la dernière année d’un gouvernement péquiste.  

À comparer maintenant au poids que l’actif québécois avait en 2018 dans le portefeuille de la Caisse, lors de la dernière année du gouvernement libéral de Philippe Couillard, là aussi on note une baisse relativement marquée. À la fin de 2018, l’actif québécois comptait pour 20,6 % de l’actif net de la Caisse, soit deux points de pourcentage de plus qu’à la fin de décembre dernier, sous le gouvernement caquiste. 

  • Écoutez l'édito économique de Michel Girard diffusé chaque jour en direct 7 h 35 à QUB radio :

QU’À CELA NE TIENNE... 

Bon an mal an, la haute direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec ne rate jamais l’occasion de vanter sa présence au Québec et ses investissements dans le secteur privé québécois. 

Que le nombre d’entreprises québécoises dans lesquelles la Caisse possède des investissements ait diminué de 208 en quatre ans, soit de 756 à 548, comme l’a rapporté hier mon collègue Sylvain Larocque, y’a rien là pour la Caisse. 

Et sous l’actuel PDG Charles Emond, qui a succédé à Michael Sabia en janvier 2020, la traditionnelle « vantardise » de la présence de la Caisse au Québec se poursuit de plus belle. Comme si la Caisse nous faisait une faveur d’investir au Québec avec... notre argent !  

Ainsi dans le rapport annuel 2021, la Caisse en a profité pour souligner la « hausse historique de l’actif total au Québec » de 10 milliards de dollars en 2021. Ce qui portait à 78 milliards $ l’actif total de la Caisse au Québec au 31 décembre dernier, en hausse de quelque 14 % par rapport à 2020. 

Est-ce extraordinaire ? Non, absolument pas.  

Entre nous, c’était bien la moindre des choses que l’actif québécois de la Caisse augmente de la sorte en 2021 puisque l’actif net de la Caisse a grimpé de façon importante (+13,5 %) en raison notamment de la bonne performance de ses placements boursiers (+ 16,2 %) et de la fulgurante hausse de la valeur de ses placements privés, soit 39,2 %.  

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LES PLACEMENTS PRIVÉS 

Il est important de noter que les placements dans le secteur privé occupent une place de plus en plus importante dans l’actif québécois de la Caisse.  

Sur les 78 G$ d’actif québécois dans le portefeuille de la Caisse, on retrouve 60 G$ qui sont investis dans le secteur privé, soit 77 % de l’ensemble. Les autres 18 G$ (23 %) sont investis dans le secteur public, lequel est strictement composé d’obligations du gouvernement du Québec, d’Hydro-Québec, d’autres sociétés d’État, et de municipalités.  

Il y a 10 ans, le secteur privé comptait pour 55 % de l’actif québécois et le secteur public pour 45 %. 

MODESTIE OBLIGE 

Les dirigeants de la Caisse ont beau se péter les bretelles avec les investissements dans le Québec inc., il n’en demeure pas moins que le Québec inc. dans l’ensemble du portefeuille de la Caisse n’a pas crû en termes de poids.  

En 2011, les placements dans le Québec inc. comptaient pour 14,2 % de l’actif net de la Caisse et en 2021 pour 14,3 %. Donc, le même poids. Sauf en 2013 où le Québec inc. représentait 16,2 % de l’actif de la Caisse. Dans son Rapport annuel 2021, la Caisse souligne, à juste raison d’ailleurs, que depuis de nombreuses années, la majorité de ses investissements québécois sont effectués dans le secteur privé. Ils atteignaient le seuil des 60 milliards $ à la fin de 2021, en hausse de 168 % sur 10 ans.  

Bravo ! Au cours de ces mêmes 10 ans, l’actif net de la Caisse a augmenté presque autant, soit de 164 %.  

Comme quoi le secteur privé québécois n’a vraiment pas bénéficié d’un traitement de faveur de la part des dirigeants de la Caisse.  

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