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La clownesque odyssée d’Herschel Walker

La clownesque odyssée d’Herschel Walker
AFP

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Peu importe les résultats finaux de l’élection de mardi, qu’on ne connaîtra pas avant plusieurs jours, la démocratie américaine est gravement malade.

Notre dépendance à l’endroit des États-Unis est telle que cela devrait profondément nous inquiéter.

Si vous voulez une illustration à la fois dramatique et burlesque de la gravité de la maladie, regardez le cas particulier d’Herschel Walker, le candidat républicain pour le Sénat dans l’État de la Géorgie.

  • Écoutez l'édito de Joseph Facal à l'émission de Benoit Dutrizac diffusée chaque jour en direct 11 h 40 via QUB radio :

Clown

Si vous êtes le moindrement amateur de football, le nom d’Herschel Walker vous est familier.

Jadis porteur de ballon, Walker, aujourd’hui âgé de 60 ans, conduisit les Bulldogs de l’Université de la Géorgie au titre national en 1980, et remporta le trophée Heisman remis au meilleur joueur collégial en 1982.

Puis, après trois années dans la USFL, il joua 12 saisons dans la NFL. Si les mots « vedette sportive » s’appliquent à quelqu’un, c’est bien à lui.

Le reste de sa vie fut un pur désastre.

Ses échecs continus en affaires lui ont valu d’innombrables poursuites en justice, comme son gourou à la chevelure orange.

Il a menti à répétition sur ses chiffres d’affaires et son nombre d’employés.

Il a prétendu être un agent du FBI. Vérification faite, il avait été un invité d’honneur au centre de formation de l’agence où il s’était amusé à tirer sur des cibles.

Diagnostiqué comme atteint d’un trouble de la personnalité, il a soutenu avoir 12 personnalités distinctes, certaines bonnes et d’autres mauvaises.

Il se dit contre l’avortement, mais il a payé les avortements de plusieurs femmes devenues enceintes par ses bons offices.

On lui connaît quatre enfants avec quatre femmes différentes, mais il y en a peut-être d’autres. 

Il a cependant déclaré que les foyers sans figure paternelle étaient « a major, major problem » chez les Afro-Américains.

Il a menacé sa première femme avec un pistolet chargé posé sur sa tempe : « I’m going to blow your f****g brains out ». 

Lors d’une rencontre de thérapie conjugale avec sa femme et leur thérapeute, il a menacé de faire trois victimes d’un coup.

Interrogé sur les transgenres, il a dit : « Quand la personne arrivera au paradis, Jésus pourrait ne pas la reconnaître » (mes traductions).

Interrogé sur le budget dédié à la protection des forêts, il a dit : « On n’a pas déjà suffisamment d’arbres ? »

Interrogé sur un tireur qui tua 19 enfants et 2 enseignants dans une école primaire, il a dit : « Il faudrait une agence pour regarder les garçons qui regardent les filles qui regardent les médias sociaux ».

Il a évidemment endossé toutes les théories farfelues sur l’élection supposément volée de 2020.

Je pourrais continuer longtemps.

  • Écoutez l'édito de Joseph Facal à l'émission de Benoit Dutrizac diffusée chaque jour en direct 11 h 40 via QUB radio :

Téléréalité

Dans une démocratie saine, une telle candidature serait impensable, impossible, ne résisterait pas à deux secondes d’examen.

Même une téléréalité n’oserait le choisir.

Turpitude morale, mensonges éhontés, propos débiles, ignorance crasse.

Ah, mais c’est une « personnalité »...

Quand la pomme sur la branche est piquée, c’est tout l’arbre qui est malade.

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