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Santé: c'est vraiment la faute d'Ottawa

GEN-HOPITAL-URGENCE
Photos Agence QMI et AFP Le système de santé craque de partout, mais Justin Trudeau préfère jouer des jeux politiques au lieu de respecter la signature d’Ottawa.

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Justin Trudeau est en train de créer de toutes pièces une confrontation avec les provinces à propos de la santé, et c’est le public qui va en payer le prix.

Notre système de santé est fondé sur de grands principes convenus il y a une cinquantaine d’années.

À l’époque, les provinces et le fédéral ont conçu une assurance maladie universelle, publique, gratuite et transportable d’une province à une autre.

Les médecins n’étaient pas obligés d’y adhérer, mais on ne pouvait pas avoir un pied dans le système et l’autre en dehors; si un médecin était dans le système, il n’y avait qu’un seul payeur, et c’était la province.

Au début, c’était clair et simple: le fédéral payait 50% du système et les provinces, l’autre 50%.

De nos jours, l'apport du fédéral est plus proche de 25%, avec 75% des coûts assumés par les provinces.

Le système est en crise et de fausses solutions, comme la privatisation, sont de plus en plus proposées.

La privatisation, à terme, va compromettre l’égalité d’accès aux soins.

Système à deux vitesses

Au Québec, on aime les services publics à deux vitesses.

Nos écoles «privées» sont largement financées par le Trésor public. En clair, les parents moins nantis paient avec leurs impôts pour que les enfants des gens plus riches (comme certains ministres) puissent avoir leurs écoles privées.

Plus de privatisation en santé créera le même problème.

L’ensemble des citoyens, peu importe leur niveau économique ou leur statut social, sont acceptés sur un pied d’égalité dans le système actuel.

La clinique privée de médecins ne va pas accueillir une personne sans-abri. Cette personne sera laissée à un système public qui performera moins bien lorsque comparé au privé qui, lui, peut choisir ses patients.

Ingérence grotesque

Mon ancien collègue Philippe Couillard, alors ministre de la Santé du Québec, en perdait son latin (et sa patience) lorsque les fonctionnaires d’Ottawa prétendaient pouvoir demander des comptes au Québec en matière de santé. Il avait bien raison!

Cette semaine, Trudeau ne s’est pas contenté de dire «non», il a ajouté l’insulte à l’injure. Au Nouveau-Brunswick, il s’est carrément moqué de la province parce qu'elle a demandé plus d’argent pour la santé en même temps qu’elle proposait des réductions d’impôts, comme si ça le regardait!

Trudeau dépasse intentionnellement les bornes en voulant aussi dicter aux provinces comment tenir le dossier électronique des patients ou comment fournir des services en santé mentale.

Il sait fort bien qu’une bonne partie du public canadien est d’accord avec un rôle accru du fédéral, car le système a besoin de secours même si Ottawa n’a aucune compétence en la matière.

Stratagème politique

Les conservateurs de Poilievre disent qu’ils seront plus respectueux des champs de compétence des provinces, et Trudeau y voit un avantage politique.

Battre le tambour pour un rôle accru du fédéral en santé fait partie d’un jeu de positionnement en vue des prochaines élections qui n’augure rien de bon.

Les patients continueront d’écoper parce que le fédéral préfère jouer des jeux politiques au lieu de payer sa juste part, ce qui est lamentable.

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