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Un médecin encore accusé de gestes sexuels sur des patientes

L’omnipraticien, qui vient de purger une radiation, ne peut soigner que des hommes

Dr Craig Smith
Photo d'archives, Chantal Poirier Le Dr Craig Smith a été radié trois ans en 2019 pour une inconduite sexuelle. Le conseil de discipline a accepté qu’il recommence à pratiquer en juillet dernier, même s’il fait à nouveau l’objet d’accusations du même genre.

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Un médecin de famille, qui revient tout juste en pratique après une radiation de trois ans pour avoir photographié les parties intimes de deux patientes à leur insu, devra se défendre pour d’autres gestes sexuels auprès de jeunes patientes.

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Le Dr Craig Smith a été radié trois ans, en mai 2019, pour avoir pris en photo les parties génitales d’une patiente à son insu et avoir tenté d’en photographier une autre avec son cellulaire alors qu’elle avait les seins nus, en 2018.

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Peine clémente

Même si la loi prévoit une radiation minimale de cinq ans pour une inconduite sexuelle, le conseil de discipline du Collège des médecins du Québec (CMQ) avait jugé qu’il méritait une sanction plus clémente. Il n’a donc pas pu pratiquer durant trois ans. 

Or, voilà que le Dr Smith fera face à quatre nouveaux chefs d’accusation en janvier prochain, dont un pour avoir introduit un doigt dans le vagin d’une patiente lors d’un examen de la vulve, au Centre médical Santé Mont-Royal. On lui reproche aussi de s’être accroupi derrière elle alors qu’elle se tenait debout et de lui avoir demandé de se pencher vers l’avant, puis d’écarter ses fesses pour regarder ses parties intimes. 

Il est également accusé d’avoir mis sa main sous le soutien-gorge d’une patiente de 22 ans et d’avoir touché un de ses seins, lors d’un examen en pleine nuit à l’Hôpital général juif de Montréal. Selon le CMQ, ces faits reprochés se sont produits avant la radiation de 2019. 

D’ailleurs, le conseil d’administration (CA) du CMQ connaissait l’existence de cette nouvelle plainte quand le Dr Smith a demandé qu'on réinscrive comme médecin, en mai dernier. Malgré cela, le CA a entériné son retour en pratique à partir du mois de juillet. 

Dans le jugement de juin dernier, le Dr Smith a plaidé que «puisque la plainte n’a pas été encore entendue, il est présumé innocent de gestes reprochés», lit-on. 

Mieux protéger les femmes

Pour protéger les femmes, le Dr Smith avait une limitation de pratique depuis sa radiation: une infirmière devait l’accompagner lors des examens physiques auprès des femmes. 

Étant donné cette nouvelle plainte, il ne peut désormais soigner que les hommes jusqu’à l’audience en janvier prochain. Le Dr Smith pratique depuis 2003, et il travaille à la clinique Physimed de l'arrondissement de Saint-Laurent, selon le CMQ. 

Selon le jugement de juin dernier, le Dr Smith a regretté ses gestes et ressent «de la honte et de l’embarras». Durant sa radiation, il a fait du bénévolat et a travaillé dans une banque alimentaire «de manière à aider autrement le public». Il a aussi poursuivi une thérapie et a «conservé sa passion pour la médecine». 

Selon le psychiatre qui suit le Dr Smith depuis 2018, celui-ci ne «présente pas de risque de récidive», indique le jugement. 

Pour le conseil, le Dr Smith a témoigné «avec sincérité et franchise. Il a déclaré qu’il n’entend pas récidiver. Cette affirmation est qualifiée de probante et elle est retenue», lit-on. 

Le président du Collège a refusé de commenter ce cas précis, le processus disciplinaire étant en cours. 

LES PATIENTES PAS TOUJOURS INFORMÉES

À noter que les médecins qui travaillent avec une limitation auprès de la clientèle féminine ne sont pas obligés d’informer leurs patientes, ou de leur expliquer la raison d’une infirmière ou d’une autre employée (chaperon) dans la pièce. 

Le Collège des médecins souligne toutefois que les limitations de pratique peuvent être consultées sur le site internet du CMQ. 

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