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Vers une vague de faillites personnelles?

Le nombre de demandes d’insolvabilité déposées a grimpé de pas moins de 16 % au 3e trimestre au Québec

Vers une vague de faillites personnelles?
Portait type du consommateur insolvable

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L’inflation et la hausse des taux d’intérêt font leurs premières victimes. Le nombre de consommateurs québécois insolvables a augmenté de 16 % au troisième trimestre par rapport à l’année dernière.

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« Depuis cet été, la courbe est ascendante. On commence vraiment à ressentir l’effet de l’inflation et de la hausse des taux d’intérêt », explique Pierre Fortin, président du syndic de faillite Jean Fortin et Associés.

Le bureau du surintendant des faillites recense 6589 dossiers d’insolvabilité déposés par des consommateurs québécois au troisième trimestre de 2022. C’est 16 % de plus qu’à la même période l’année passée. Cependant, malgré cette hausse, le nombre des dossiers d’insolvabilité est encore inférieur de 40 % à ce qu’il était en 2019, la dernière année complète avant la pandémie.

  • Écoutez l'entrevue d'Isabelle Maréchal avec Pierre Fortain de Jean Fortin et associés, Réorganisation financière sur QUB radio:

Après une baisse due aux confinements

Pendant les deux premières années de la pandémie, de nombreux Québécois ont bénéficié d’un report de six mois pour leurs paiements hypothécaires et leurs prêts automobiles. Quant aux mesures sanitaires, dont les confinements, elles ont forcé à épargner. Faute de pouvoir sortir et de faire les activités régulières, « 30 % des dépenses personnelles habituelles n’auraient pas eu lieu », soutient M. Fortin. Moins de dépenses, plus d’épargne : l’insolvabilité avait fortement baissé dans les deux dernières années. 

Avec le retour à la normale, la tendance devait s’en aller à la hausse. Mais l’inflation augmente considérablement les difficultés financières pour les familles et les personnes moins nanties

Le revenu mensuel médian d’un ménage canadien qui se déclare insolvable est de 2566 $ après impôt. C’est deux fois moins que le revenu mensuel médian de l’ensemble des ménages canadiens. Avec des dépenses incompressibles qui s’élèvent à plus de 2000 $, un imprévu ou un accident de parcours accélère rapidement l’endettement. Près de la moitié des personnes insolvables le deviennent parce qu’elles ont dû faire face à une perte de revenu. Pour une personne sur cinq, la maladie est en cause. Et pour une sur 10, il s’agit d’une séparation. 

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Hausse du paiement minimum en cause

« La hausse du paiement minimum sur carte de crédit du 1er août se fait aussi ressentir », affirme M. Fortin. Or, les personnes à plus faible revenu ont souvent les plus hauts soldes sur carte de crédit, parce qu’elles ont moins ou pas du tout accès aux autres formes d’emprunt. D’après les données du Bureau du surintendant des faillites, ceux qui se déclarent en faillite ont accumulé en moyenne 12 000 $ en dettes sur carte de crédit, l’emprunt le plus dispendieux. 

Pour les ménages propriétaires, la hausse des taux d’intérêt peut aussi causer des difficultés financières. 

« Pendant la pandémie, le nombre d’acheteurs qui ont opté pour un taux variable a doublé, indique M. Fortin. Il y avait une grosse différence entre le taux fixe et le variable parce que les banques avaient anticipé les futures augmentations. » 

Même s’il est encore tôt pour mesurer le plein effet de la hausse des taux d’intérêt, il estime que les nouveaux acquéreurs qui ont acheté au gros prix et choisi un taux variable font partie des populations à risque. 

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