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Et la guerre au Congo, on en fait quoi?

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C’est vrai, on en fait quoi de la reprise des violences dans l’est de la République démocratique du Congo ? Nous suivons les soldats ukrainiens dans la moindre ruelle de Kherson qu’ils ont reconquise, mais nous levons les épaules lorsque les travailleurs humanitaires décrivent des populations déracinées qui manquent de tout.

Au cours des trois dernières semaines, le Mouvement du 23 mars – le M23, comme on l’appelle – est reparti en guerre contre les forces congolaises. 

Les rebelles se sont notamment emparés des villes de Kiwanja et de Rutshuru, bloquant ainsi la route entre Goma, la capitale, et le nord de la province du Nord-Kivu.

Plus de 90 000 personnes ont fui devant leurs avancées, s’entassant aux portes de Goma. Plus troublant encore, les forces de la MONUSCO – la mission des Nations Unies dans le secteur – ont effectué leur propre « repli stratégique » devant la progression des combattants du M23, au grand dam de la population pour qui les soldats de l’ONU ont, une nouvelle fois, démontré leur inutilité.

Au cours de la semaine, les autorités de Kinshasa se sont secouées et ont entrepris une contre-offensive, bombardant les positions rebelles avec des avions de combat et mobilisant jusqu’à 3000 recrues pour stopper les insurgés.

DES REBELLES EN QUÊTE DE CAUSE

La région était déjà gangrenée par l’insécurité qu’y entretiennent des dizaines de groupes armés. On retrouve là un fouillis de rivalités nationales et ethniques qui éclatent sporadiquement en conflits ouverts.

Ainsi, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) y ont leur base, un groupe formé de Hutus, chassés de leur pays après le génocide de centaines de milliers de Tutsis en 1994. 

Les autorités rwandaises accusent d’ailleurs le gouvernement congolais de soutenir les FDLR.

Parallèlement, M23 est dirigé par des Tutsis et, cette fois, c’est le Congo qui reproche au Rwanda de financer ces guerriers. 

Ce n’est pas tout, l’Ouganda est aussi engagé militairement dans l’est de la RDC, pourchassant là les islamistes des Forces démocratiques alliées (ADF), qui ont prêté allégeance à l’État islamique.

RDC, L’URGENCE PERMANENTE

Ce sous-titre, je l’ai piqué à l’équipe de Médecins sans frontières qui décrypte, comme elle dit, les décennies de guerres et de conflits qui ont affligé ce géant d’Afrique, collectionneur de tragédies.

Ses ressources naturelles ont toujours fait l’envie de ses voisins. Récemment, ce sont justement l’Ouganda et le Rwanda qui en ont profité, tout en cherchant à mater des opposants, pour exploiter les richesses minières locales.

Il est établi, parmi ceux qui s’y connaissent, que l’or extrait de l’est de la RDC sort clandestinement via ses deux voisins. Ougandais et Rwandais jouent les vierges offensées, mais les experts du domaine estiment qu’ils exportent beaucoup plus d’or qu’ils n’en produisent eux-mêmes. Il faut donc qu’ils le prélèvent ailleurs.

On ne peut pas se permettre de prendre la situation là-bas à la légère. Des conflits extrêmement violents en 1996-1997, puis au début des années 2000 y ont fait des millions de morts, sans oublier le génocide de 1994 au Rwanda. Nous avons déjà la conscience suffisamment lourde.  

République démocratique du Congo

La MONUSCO, des forces de l’ONU contestées 

Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo

  • Établie en juillet 2010
  • Formée de 18 278 personnes, dont :

        > 12 840 soldats

        > 2970 travailleurs civils

        > 1665 policiers

Les 5 principaux pays qui contribuent au contingent :

  • Pakistan : 1977
  • Inde : 1891
  • Bangladesh : 1634
  • Afrique du Sud : 1185
  • Népal : 1153

Source : ONU, Maintien de la paix, Juin 2022

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