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Les deux mains sur la Lada libérale

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Ça ne se bouscule pas au portillon du PLQ.

Aussitôt que le sondage Léger dévoilait la ligne de départ le jour même de la démission de Dominique Anglade, les candidats les plus populaires fermaient immédiatement la porte. 

Des refus bien expéditifs qui prenaient la forme d’un « que voulez-vous que j’aille faire dans cette galère ? » À 5 % chez les francophones et à 7 % en dehors de Montréal, on comprend bien leur réaction. 

Sophie Brochu, d’Hydro-Québec, à laquelle les libéraux rêvaient, a passé son tour.

Denis Coderre, dont le premier sondage le plaçait en avant, a affirmé qu’il avait assez donné. 

Gaétan Barrette a aussi refusé, bien à sa place dans son nouveau poste de commentateur.

François-Philippe Champagne rêve plutôt de la plus haute marche politique canadienne, pas québécoise. 

Alain Rayes ? Pas dans ses plans.

Et donc, les autres.

Pierre Moreau, d’abord, a lui-même estimé qu’en 2018, c’était au tour de la génération montante de prendre le relais. Audacieux, s’il souhaite revenir. 

André Fortin, ensuite, ne laisse pas place au doute : il y ira. Le problème, c’est que les électeurs libéraux ne le prennent pas vraiment en considération, selon ce même sondage. Mais PSPP, au PQ, nageait aussi dans ces eaux-là, soit la marge d’erreur, et on connaît la suite.

Quant à Joël Lightbound et à Monsef Derraji, lesquels ont ouvert la porte, ils n’ont pas été sondés. Ils sont très peu connus ; leur tour ne semble pas venu.

Le nationalisme perdu

Ça fait plusieurs années que les libéraux ont mis la table pour ce que tous appellent maintenant la « déconnexion du PLQ avec les francophones ». 

En ne gagnant des élections qu’avec le mot « référendum », le PLQ est tombé dans une léthargie idéologique.

Cette déconnexion s’incarne aujourd’hui par de petits et grands gestes. 

Les petits gestes sont des tweets de plus en plus bilingues des élus, la défense d’un serment enthousiaste au roi, fait dans les deux langues. Pas la fin du monde, mais...

Les grands gestes tiennent à leur refus d’appuyer tout renforcement de la loi 101. Par le refus, aussi, d’utiliser la clause dérogatoire pour défendre l’autonomie du Québec. Par l’incapacité à concevoir un État national, qui peut légiférer à l’occasion pour renforcer ses institutions et son identité.

Parfois, j’écoute certains libéraux et j’ai l’impression que l’on conçoit le Québec comme un État postnational dans un autre État postnational.

C’est comme si le PLQ avait non seulement arrêté de défendre un fédéralisme revendicateur, mais aussi toute position autonomiste du Québec, qui pourrait parfois être contraire à l’idéal canadien d’après 1982.

Pas pour rien qu’il est difficile de répondre à cette question toute simple adressée aux députés libéraux : pourquoi se sont-ils présentés à Québec plutôt qu’à Ottawa ? Tant et aussi longtemps qu’on n’affrontera pas frontalement ce tabou, on restera dans le sous-sol politique québécois au PLQ. 

S’adapter

Les optimistes peuvent voir une bonne nouvelle dans le fait qu’aucun sauveur n’est pris en considération. Ça ouvre la porte à l’audace.

Cette chefferie arrive à un moment important de son histoire. Les partis évoluent et se métamorphosent au fil du temps. Ils s’adaptent à leur époque. Ça peut être le cas pour le PLQ.

Mais il arrive aussi que les partis, même ceux qui gagnaient autrefois la plupart des élections, se marginalisent, car désadaptés des aspirations de ceux qu’ils prétendent gouverner. 

Résumé de la catastrophe libérale

▸ Des intentions de vote : 14 %

▸ Chez les francophones : 5 %

▸ En dehors de Montréal : 7 %

▸ Chez les non-francophones : 46 %

LES CANDIDATS POUR DEVENIR CHEF DU PLQ

Ont déjà dit non :

  • Denis Coderre
  • Marwah Rizqy
  • Karl Blackburn
  • Gaétan Barrette
  • Sophie Brochu
  • Alain Rayes
  • Pierre Arcand
  • François-Philippe Champagne

Ont ouvert la porte :

  • André Fortin
  • Monsef Derraji
  • Joël Lightbound

N’ont rien dit :

  • Pierre Moreau

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