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Marie-Ève Dicaire n’a pas eu le dessus face à Natasha Jonas

«Pas facile d’encaisser la défaite»

Dicaire
Photo courtoisie Boxxer, Lawrence Lustig Le combat entre Marie-Ève Dicaire et Natasha Jonas a été âprement disputé. La Britannique a été en mesure de placer de solides coups contre son adversaire.

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MANCHESTER, Angleterre | Malgré son courage, la Québécoise Marie-Ève Dicaire a subi un revers par décision unanime des juges dans un combat d’unification contre la Britannique Natasha Jonas, samedi, en Angleterre.

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« Ce n’est pas facile d’encaisser la défaite, mais je vais lever mon chapeau à Jonas qui a été la meilleure boxeuse ce soir », a réagi Dicaire au terme du combat tenu à l’AO Arena de Manchester, devant plus de 9000 spectateurs.

Dicaire (18-2, 1 K.-O.), détentrice du titre de la IBF avant d’affronter Jonas (13-2-1, 8 K.-O.), a perdu par des pointages de 100-90, 98-92 et 97-93.

Deuxième défaite

Il s’agissait d’une deuxième défaite seulement en carrière pour Dicaire. Comme ce fut le cas face à Claressa Shields en mars 2021, au Michigan, elle n’a pu saisir l’occasion d’unifier les titres de la catégorie des super mi-moyennes. 

Natasha Jones célébrait avec ses ceintures de la WBC, la WBO et l’IBF. Elle a aussi obtenu le titre de Ring Magazine, ce samedi.
Photo courtoisie Boxxer, Lawrence Lustig
Natasha Jones célébrait avec ses ceintures de la WBC, la WBO et l’IBF. Elle a aussi obtenu le titre de Ring Magazine, ce samedi.

Jonas, qui avait déjà deux ceintures, est quant à elle devenue championne du WBC, de la WBO et de la IBF, en plus de se voir décerner le prestigieux titre The Ring Magazine. Celui-ci était à l’enjeu parce que le combat opposait les deux boxeuses les mieux classées de la division.

La Britannique avait entamé le duel en force en plaçant quelques coups dès le premier round, puis encore au deuxième assaut.

Ajustements

Ensanglantée, la Québécoise a tout de même été en mesure de s’ajuster durant l’affrontement, mais ses efforts n’ont pas été suffisants.
Photo courtoisie Boxxer, Lawrence Lustig
Ensanglantée, la Québécoise a tout de même été en mesure de s’ajuster durant l’affrontement, mais ses efforts n’ont pas été suffisants.

« À quelques occasions, elle m’a surprise avec sa main gauche, a avoué la Québécoise. C’est de la façon qu’elle revenait avec sa main arrière. J’étais prête à la contre-attaque de la main avant, mais elle revenait avec l’autre et ç’a joué pour beaucoup. »

Dicaire, qui a été en mesure de s’ajuster, a su bien encaisser avant de montrer quelques bons moments à compter du cinquième round. La Québécoise a encore mieux fait au sixième assaut, mais Jonas a été en mesure de placer quelques coups sanglants par la suite.

Dans le coin de Marie-Ève Dicaire, on s’activait à lui fournir des soins pour qu’elle puisse poursuivre le combat. Elle s’est tout de même rendue jusqu’à la toute fin, au dernier round.
Photo courtoisie Boxxer, Lawrence Lustig
Dans le coin de Marie-Ève Dicaire, on s’activait à lui fournir des soins pour qu’elle puisse poursuivre le combat. Elle s’est tout de même rendue jusqu’à la toute fin, au dernier round.

Essayer jusqu’à la fin

Dans le coin de la Québécoise, l’entraîneur Stéphane Harnois s’écriait : « Laisse aller tes mains ! »  

« On voulait être capable de mettre de la pression, de s’imposer, de prendre le contrôle du ring, c’est ce qu’on a fait, mais ça n’a pas été suffisant pour gagner, a affirmé Dicaire. Malgré le résultat, ç’a été un combat qui a été âprement disputé, qui s’est rendu à la limite. C’est un peu ça, la boxe. Parfois, tu vas perdre aux points, mais tu sais que tu as gagné une grande victoire dans le ring. On a vu des boxeurs s’écraser, mais dans ce cas-ci, même si les coups ne faisaient pas du bien, je continuais. J’étais là pour répondre. »

« C’est triste parce que je connais le travail qui a été mis derrière ça et je connais la fierté de Marie-Ève, s’est pour sa part exprimé Harnois. J’ai rarement vu quelqu’un comme ça, mordre dans son protecteur buccal et essayer jusqu’à la fin. Elle continuait, elle avançait, elle essayait, mais ça n’a juste pas fonctionné, c’est tout. »

Aucun juge n’était originaire du Canada pour l’occasion, l’Amérique étant plutôt représentée par les États-Unis. Le trio était complété par des juges de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne. La victoire de Jonas était toutefois sans équivoque. L’auteur de ces lignes avait d’ailleurs un score de 98-92 en faveur de la Britannique. 

  • Écoutez l'entrevue d'Isabelle Maréchal avec Marie-Ève Dicaire, boxeuse sur QUB radio :

Une pensée pour l’équipe 

Marie-Ève Dicaire avait émis le souhait à Yvon Michel que le titre de Ring Magazine soit à l’enjeu samedi soir, ce qui a été rendu possible quand Natasha Jonas a battu la Suédoise Patricia Berghult, en septembre dernier, pour monter deuxième au classement. Or, c’est la Britannique qui est repartie avec la ceinture bleu, blanc et rouge en plus des trois autres ceintures (WBC, WBO et IBF).

« Il y a un élément de déception parce que je voulais vraiment unifier les ceintures, a réagi la Québécoise, après sa défaite. J’ai passé, je crois, la plus belle semaine de ma vie en amont d’un événement sportif avec mon équipe. On aurait aimé couronner ça avec une victoire, mais il y a le parcours qui demeure important. »

Même si elle avait le visage tuméfié, Dicaire pensait aux autres, une fois rendue dans le vestiaire. La boxeuse a notamment pris soin de rassurer sa mère au téléphone. Elle avait aussi une pensée pour son équipe pour tout le chemin parcouru.

« Ce que je retiens, c’est le plaisir que j’ai eu dans ce parcours-là, a-t-elle dit. J’ai appris en tant qu’athlète, mais aussi surtout en tant qu’humain. J’ai appris, au fil des années, que je pouvais faire confiance à des gens, j’ai appris que, peu importe, je n’allais jamais être seule. »

« Si je parle avec mon cœur, je pense à Stéphane [Harnois] à qui j’ai demandé, il y a sept ans, de passer chez les professionnels. Il m’avait dit que ce ne serait pas facile en pensant qu’on allait devoir aller souvent aux États-Unis... Mais aujourd’hui, je regarde tout ça et Yvon m’a fait confiance. On est montés ensemble. »

Bien des chansons...

Il y avait de l’ambiance, samedi soir, à l’AO Arena de Manchester. Les chants dans la foule avaient commencé très tôt dans la soirée, dès les premiers combats de la sous-carte. L’arrivée du boxeur Dylan Cheema, un Britannique d’origine indienne, au son des tambours et de la musique de style Punjabi était particulièrement entraînante.

Le son ambiant a monté d’un niveau, lors de la demi-finale, quand Dalton Smith (13-0, 10 K.-O.) a conservé son titre britannique chez les super-légers en battant Kaisee Benjamin (16-2-1, 6 K.-O.) par décision unanime des juges. Ce n’était toutefois rien comparativement à l’atmosphère régnant durant la bataille entre Jonas et Dicaire, qui avait été précédée par le chant Sweet Caroline, puis l’entrée des deux boxeuses, dont celle de la Québécoise sous The Power of the Dream, de Céline Dion.

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