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Où s'en va Trudeau avec les langues officielles ?

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Photo d’archives Français au Canada : des modifications timides à la Loi sur les langues officielles ne suffiront pas.

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Officiellement, Justin Trudeau tient mordicus à faire adopter la nouvelle Loi sur les langues officielles avant Noël. Cette loi porte de moins en moins son nom, puisque l’anglais n’est menacé nulle part. Le vrai nom de cette loi devrait être la Loi sur la survie du français au Canada.  

Certains ministres québécois du gouvernement Trudeau croient sincèrement à la place du français. Mélanie Joly avait mené une bataille pour que la fragilité du français soit clairement mentionnée comme un fait fondamental de la réalité linguistique du Canada. Je sens nettement moins le leadership de la ministre Petitpas-Taylor... (pour être poli).  

Lorsqu’on regarde le portrait d’ensemble, on a vite l’impression que la Loi sur les langues officielles est un barrage en carton pour arrêter un tsunami. Les exemples fusent de partout de situations où le français est négligé, voire complètement oublié.

Le témoignage du député bloquiste de Mirabel fournit beaucoup d’exemples. Ce député élu l’an dernier a mis en ligne une vidéo dans laquelle il témoigne de son expérience avec le français à Ottawa. Il a eu quelques mauvaises surprises dans ce beau pays bilingue.

Il n’existe pas beaucoup d’ambiguïté sur la prépondérance de l’anglais dans la capitale fédérale, et même sur la Colline du Parlement, pourtant le symbole de ce que le Canada prétend être. 

  • Écoutez la rencontre Dutrizac – Dumont diffusée chaque jour en direct 7 h via QUB radio :

Incohérence

Malgré l’intérêt que dit manifester le gouvernement Trudeau pour une adoption urgente de la nouvelle loi, les actions de ce gouvernement ne sont pas toutes cohérentes. C’est ce premier ministre qui a procédé à la nomination d’une gouverneure générale qui ne parlait pas français. Le symbole n’est pas mince.

Il a aussi procédé à la nomination d’une lieutenante-gouverneure qui ne parle pas français au Nouveau-Brunswick, une province qui devrait pourtant avoir un statut bilingue. Le gouvernement Trudeau a même été débouté par un tribunal et il fait appel pour défendre son droit de nommer une personne unilingue anglaise.

Le message semble avoir été compris dans la province. Le premier ministre Higgs vient de nommer l’ancien chef d’un parti politique anti-bilinguisme au Comité de révision de la Loi sur les langues officielles. Les communautés francophones du Nouveau-Brunswick s’inquiètent de plus en plus de leur capacité à défendre leurs droits.

  • Ne manquez pas l'émission de Mario Dumont tous les jours dès 15h30 sur QUB radio :

Affaires étrangères

Le Devoir a fait un suivi cette semaine sur son dossier de l’an dernier sur la difficulté pour les francophones d’accéder aux plus hautes fonctions du ministère des Affaires étrangères. Malgré quelques efforts, l’anglais semble encore y avoir une place toute prépondérante. Des réunions de haut niveau jusqu’aux systèmes informatiques, les choses se passent en anglais.

Un comité sénatorial a même fait avancer l’idée cette semaine que l’obligation de parler français pour les ambassadeurs devenait inutile et privait notre diplomatie de beaux talents.

Tout cela avec, en arrière-plan, une politique d’immigration massive dont seulement 4,4 % des nouveaux arrivants hors Québec parleront français.

Le français va mal dans le Canada de Justin Trudeau.

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