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Explications américano-chinoises avant un G20 sur fond de divisions

Explications américano-chinoises avant un G20 sur fond de divisions

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Après des années de tensions toujours plus vives entre Washington et Pékin, Joe Biden et Xi Jinping s'expliquent pour la première fois en face à face lundi sur l'île indonésienne de Bali, préambule à un sommet du G20 assombri par la guerre en Ukraine. 

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Neuf mois après avoir lancé son armée envahir l'Ukraine, le président russe Vladimir Poutine sera le grand absent de la réunion des dirigeants des grandes économies mondiales mardi et mercredi, plus grand rassemblement de ce type depuis le début de la pandémie.

Le conflit en Ukraine n'est pas officiellement au menu de l'événement, mais entre l'envolée des prix de l'énergie et des produits alimentaires et les craintes d'escalade nucléaire, il domine les préoccupations et suscite des divisions qui menacent d'éclater au grand jour entre Occidentaux et pays du Sud réunis sur l'île tropicale.

Un premier aperçu de la tonalité de l'événement sera donné dès lundi avec une rencontre entre le président américain, arrivé dimanche soir à Bali, et son homologue chinois, une première dans leurs rôles actuels.

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Les deux hommes, qui se connaissent depuis une décennie, ne manquent pas de sujets à débattre. Outre le refus de la Chine de condamner l'invasion russe, Washington et Pékin sont à couteaux tirés sur des questions allant du commerce aux droits de la personne dans la région chinoise du Xinjiang, en passant par le statut de Taïwan.

Joe Biden veut notamment presser Pékin de jouer de son influence pour modérer la Corée du Nord qui vient de procéder à une série record de tirs de missiles, semblant se préparer à conduire le 7e essai nucléaire de son histoire.

Echanges «directs»

«Je connais Xi Jinping, il me connaît», a assuré M. Biden, affirmant qu'ils ont toujours eu des «discussions franches».

«Nous avons très peu de malentendus. Nous devons juste déterminer quelles sont les lignes rouges», a avancé le président américain.

Son conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan a assuré que M. Biden espérait des échanges «directs», mais aussi trouver des sujets de «coopération sur des questions de fond». «Les États-Unis sont prêts à une concurrence féroce avec la Chine, mais ne cherchent pas la confrontation», a-t-il expliqué à des journalistes à bord d'Air Force One.

Ryan Hass, ancien responsable Chine du Conseil national de la sécurité américain a estimé que le président chinois «ne devrait pas être aussi accommodant avec Biden», qu'avec le chancelier allemand Olaf Scholz lors d'une rencontre récente, pour ne pas être vu comme «accédant à ses demandes sur l'Ukraine, le nucléaire, ou la Corée du Nord».

De son côté, le premier ministre britannique Rishi Sunak, qui s'est rendu dimanche en Indonésie, va exhorter les autres puissances à s'unir contre les «acteurs malveillants» de l'économie mondiale, dans une attaque à peine voilée contre la Chine.

«Yeux dans les yeux»

Vladimir Poutine a lui décidé de se faire représenter par son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov au G20, officiellement pour des raisons d'agenda. Mais certains y voient un signe que le voyage était politiquement risqué, notamment alors que son armée bat en retraite dans le sud de l'Ukraine.

Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a «rejeté la politisation du G20» et l'a appelé à se concentrer sur les questions économiques à l'origine de la création de ce format réunissant les grandes économies mondiales plutôt que sur les sujets de sécurité relevant selon Moscou de l'ONU.

La Russie devrait être sous pression pour étendre un accord permettant l'exportation de céréales et engrais par les ports de la mer Noire, qui parvient à expiration le 19 novembre.

Au minimum, Joe Biden et ses alliés veulent obtenir du G20 un message clair à Vladimir Poutine sur le fait qu'un conflit nucléaire est inacceptable. Mais même sur ce sujet, le rapprochement entre la Chine et la Russie pourrait rendre un message commun avec les Occidentaux inatteignable.

Hôte du sommet, l'Indonésie a déjà averti qu'il ne fallait pas forcément s'attendre au traditionnel communiqué commun final qui conclut ce genre de rencontres traditionnellement.

Le sommet donnera néanmoins une rare occasion aux dirigeants occidentaux, soutiens de l'Ukraine, et aux pays du Sud, qui pour beaucoup refusent de condamner Moscou, de se parler.

Et le président ukrainien Volodymyr Zelensky pourra directement plaider sa cause, s'exprimant par visioconférence.

«Il est important dans ce moment brutal de l'histoire humaine qu'il y ait de la coopération internationale et le G20 sera une autre occasion de se regarder les yeux dans les yeux», a estimé samedi le président du Conseil européen Charles Michel.

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