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Le Québec a besoin des étudiants francophones africains

Drapeau du Québec contre le ciel bleu.
Photo d'archives Le gouvernement du Québec veut plus de pouvoir en immigration.

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Voilà trois ans que les directions de cégeps agitent des drapeaux rouges, interpellant le gouvernement Trudeau au sujet des refus nombreux et récurrents de permis d’études aux jeunes étudiants d’Afrique francophones... Ces derniers sont pourtant inscrits de façon régulière dans des programmes de cégeps québécois, ainsi que dans les établissements francophones postsecondaires hors Québec.

Une saga du refus du gouvernement fédéral, dont on avait du mal, de façon transparente, à identifier la source jusqu’à tout récemment.

Il aura notamment fallu l’engagement, la détermination et la persévérance d’Alexis Brunelle-Duceppe, du Bloc Québécois, pour en percevoir un écho public et y voir un peu plus clair... J’y reviendrai.

En toute objectivité

Considérant le fait que je sois moi-même un ex-immigrant africain, afin d’éviter toute apparence d’un conflit d’intérêts, je me suis tourné vers l’expertise objective de Mme Anne Michèle Meggs, une fonctionnaire du ministère de l’Immigration du Québec, à la retraite.

Mme Meggs confirme que les jeunes étudiants francophones africains en question « avaient rencontré tous les critères d’admission des établissements québécois concernés et sont prêts à payer des frais beaucoup plus élevés que les jeunes du Québec. »

Elle ajoute par ailleurs que ces jeunes « ont obtenu un Certificat d’acceptation du Québec délivré par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration. »

Aussi, elle pose une question qui dérange, à savoir : « De quel droit, le gouvernement canadien refuse-t-il de délivrer le permis d’étude ? »

Et puisque ces jeunes rencontrent tous les critères établis par les institutions québécoises, Mme Meggs se demande également « pourquoi le gouvernement du Québec n’est pas en avant-scène pour défendre les droits de ces jeunes et exiger des explications de la part du ministre canadien de l’Immigration, monsieur Fraser ? »

Un potentiel impact positif en région

Il s’agit, dit-elle, « de jeunes, francophones, voulant s’établir en région. Leur présence assure l’avenir de plusieurs programmes collégiaux en région. »

Et parlant de pénurie de main-d’œuvre, Mme Meggs rappelle que « ces jeunes pourront même travailler pendant leurs études en région... »

Les communautés en région, poursuit-elle, « sont prêtes à les accueillir. Il semblerait donc qu’elles ont déterminé qu’elles ont la “capacité d’accueil” nécessaire. »

Ces jeunes, mentionne-t-elle, « rencontrent toutes les conditions évoquées par le gouvernement comme immigration idéale. »

Le bon sens voudrait par ailleurs que le gouvernement de la CAQ n’aborde pas cet enjeu sous le strict angle de la « question d’immigration. »

C’est un enjeu à facettes multiples, qui touche à la fois le ministère de l’Immigration, celui de l’Enseignement supérieur et celui des Relations internationales et de la Francophonie. En conclusion, Mme Meggs insiste sur le fait que si on veut plus de pouvoirs en immigration au Québec, « il faudrait commencer par démontrer exactement de quels pouvoirs on parle. »

À juste titre, le gouvernement du Québec veut effectivement plus de pouvoir en immigration ; le rejet des étudiants francophones africains est une bataille qu’il ne peut se permettre de perdre.

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