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8 milliards d'humains: gros défi pour la planète

8 milliards d'humains: gros défi pour la planète
AFP

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Depuis le 15 novembre 2022, nous sommes 8 milliards sur Terre.

C’est l’ONU qui l’a annoncé, à la manière d’un cap symbolique que nous viendrions de franchir. 

Dans les circonstances, plusieurs confessent leurs inquiétudes. La planète pourra-t-elle supporter cette masse sans devenir invivable? La crise environnementale s’accentuera.

Et cette explosion démographique ne risque-t-elle pas d’entraîner de grandes migrations? La conjugaison du boom démographique et du choc des civilisations n’annonce rien de bon, il suffit d’un peu de lucidité pour le reconnaître. Autrement dit, la planète pourra-t-elle s’adapter à cette réalité sans s’embraser?

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Démographie

Il importe toutefois d’aborder ce problème avec plus de finesse. 

Car si une partie de la planète, essentiellement l’Afrique, est au cœur de cette explosion de la population mondiale, le monde occidental, lui, est en voie de régression démographique. 

À la fin du siècle, les Italiens, les Hongrois, les Irlandais, les Allemands, les Danois, les Baltes et bien d’autres peuples risquent de ne plus avoir qu’une existence résiduelle dans leurs pays respectifs. 

Il n’est pas dit qu’il n’en sera pas de même des Québécois, qui ont autrefois survécu à la Conquête grâce à la revanche des berceaux, et qui aujourd’hui, pourraient justement périr par dénatalité. 

On se souvient de la formule prophétique du démographe Jacques Henripin: «naître ou ne pas être». Tel est notre destin.

L’humanité, si je puis me permettre de parler aussi vastement, est donc placée devant un double défi. 

Les parties du monde qui connaissent une inflation galopante doivent trouver le moyen d’assurer une forme de régulation des naissances. Elle est essentielle pour leur prospérité.

Mais l’Occident est dans une situation inversée. S’il ne veut pas disparaître, il doit surmonter le problème de la dénatalité. Cela est plus facile à dire qu’à faire. 

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Elle s’explique à la fois par l’effondrement des valeurs traditionnelles, la poussée de l’individualisme, le remplacement des solidarités familiales par les institutions de l’État-providence et le développement d’une société consumériste qui ne connait plus que les joies hédonistes du présent. 

Mais on peut aussi affirmer, sans risque de se tromper, qu’il existe dans le monde occidental une forme de pulsion morbide, un dégoût de soi, presque un nihilisme autodestructeur, qui n’est probablement pas sans lien avec l’expérience du XXe siècle et les idéologies aujourd’hui à la mode.

Il prend forme, aujourd’hui, dans une forme d’écologisme apocalyptique qui pousse bien des jeunes à refuser d’avoir des enfants pour ne pas nuire à la planète. Comment ne pas y voir un désir de suicide collectif ne disant pas son nom? 

Politique nataliste?

On peut souhaiter la mise en place d’une politique nataliste qui serait aussi une politique de population. Le coût de la famille de trois enfants est trop élevé aujourd’hui.

Mais elle devra agir non seulement sur l’écart documenté entre le désir d’enfants et le nombre d’enfants par famille, qui est significatif, mais aussi tenir compte des déterminants socioculturels qui nous poussent aujourd’hui à ne plus vouloir nous perpétuer. 

Cette question est aujourd’hui taboue. 

Elle n’en demeure pas moins vitale.

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