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Les microbrasseurs ne refilent pas la facture de l’inflation aux clients

La très forte concurrence fait en sorte qu’ils doivent plutôt réduire leurs marges

Microbrasseurs
Photo Valérie Lesage Frédérick Tremblay et Caroline Bandulet de la MicroBrasserie Charlevoix, avec Martin Parrot, président de l’Association des microbrasseries du Québec, en congrès à Québec. En période de hausse des coûts de production, la profitabilité est un défi de taille.

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Même s’ils sont soumis à de fortes pressions inflationnistes qui ont grugé leurs marges bénéficiaires, les microbrasseurs du Québec font des pieds et des mains pour ne pas refiler la note aux consommateurs, car ils craignent de perdre leur marché.

« On n’est pas dans une position où on peut augmenter les prix, alors on absorbe les hausses. Mais les marges ont tellement fondu qu’on n’a plus de tampon. La seule chose qui peut nous aider, c’est d’augmenter le volume de ventes », affirme Frédérick Tremblay de la MicroBrasserie de Charlevoix.

Comme ses collègues réunis au congrès de l’Association des microbrasseries du Québec qui se déroule jusqu’à demain dans la capitale nationale, M. Tremblay craint qu’une petite augmentation de prix demandée par une microbrasserie ne devienne une note salée pour le consommateur.

« Nous, si on veut avoir 10 cents de plus la canette dans nos poches, ce sera beaucoup plus cher à la fin quand le distributeur et le détaillant auront pris leur part de profit », explique M. Tremblay.

Les hausses de profits à d’autres

Les distributeurs et les détaillants gardent une marge de profit basée sur un pourcentage du prix payé. Dans le cas des détaillants, ce pourcentage varie de 22 % à 30 % sur les bières de microbrasseries. Si par exemple un brasseur vendait sa canette de bière 3,10 $ plutôt que 3 $ et que le distributeur gardait 20 %, puis le détaillant 30 %, la canette coûterait 4,83 $ au consommateur. 

« On donne un prix de détail suggéré, mais les détaillants ne le suivent pas nécessairement. Le système est fait comme ça, avec des cotes à pourcentage, et ça fait décupler les hausses au consommateur. Alors son pouvoir d’achat diminue », explique M. Tremblay, dont la microbrasserie fêtera bientôt ses 25 ans.

Parfois forcés de le faire 

À la Brasserie Dunham, on a osé une hausse de 10 % le printemps dernier, pour garder la rentabilité, alors que les salaires ont grimpé, comme le coût des intrants.

« On ne peut pas le faire à l’infini. J’ai une inquiétude par rapport à ça, car il y a des limites à ce que le client peut prendre », considère Éloi Deit.

Consommation en baisse

Selon les données de la Financière agricole, les marges brutes des brasseurs ont chuté de 39 % depuis 2019, alors que les coûts d’exploitation sont à la hausse. Parmi les avenues suggérées aux microbrasseurs : augmenter le volume de ventes. 

Mais le défi est considérable, car une soixantaine de nouveaux joueurs sont entrés dans le marché depuis deux ans, alors que le volume de bière bue par les Québécois est en baisse avec le vieillissement de la population. 

Les ventes directes en microbrasserie permettent de meilleurs profits, mais la pénurie de main-d’œuvre limite la croissance.

« Si on pouvait opérer à plein rendement, les ventes augmenteraient beaucoup », dit Caroline Bandulet, copropriétaire de la Microbrasserie Charlevoix. Les visiteurs affluent à Baie-Saint-Paul, mais il est devenu impossible d’ouvrir sept jours sur sept, faute d’employés disponibles. 

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