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PLQ : quand il n'y a plus de cause...

Quebec
Photo Stevens Leblanc Les libéraux se chicanent non pour des idées, mais pour des postes.

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La chicane au Parti libéral du Québec tourne au théâtre d’été. L’une est expulsée sur un coup de tête. On veut la ramener en lui donnant la moitié d’un poste, mais alors l’autre, qui perd cette moitié, menace de démissionner à son tour. Il ne manque que du claquage de porte, une tarte à la crème et le chef Marc Tanguay qui tombe assis dans une poubelle. Le public se taperait sur les cuisses gaiement !

La mésentente fait partie de la vie normale d’une formation politique. Et la mésentente mène parfois à la démission, lorsque les divergences de vues sont irréconciliables.

Des députés péquistes avaient quitté René Lévesque parce qu’ils étaient trop indépendantistes pour vivre avec le beau risque du fédéralisme.

Des députés et ministres libéraux anglophones avaient quitté Robert Bourassa parce qu’il avait appliqué la clause dérogatoire pour protéger les dispositions de la Loi 101 sur l’affichage prédominant en français. 

Des conservateurs et des libéraux avaient quitté leur formation pour protester au nom du Québec après l’échec de l’Accord du lac Meech. Ils ont ensuite fondé le Bloc québécois.

Alain Rayes vient de claquer la porte du caucus conservateur parce qu’il ne peut pas endosser l’approche du nouveau chef Pierre Poilièvre.

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Pour un poste

Le drame avec ce qui se passe actuellement au PLQ, c’est qu’il n’y a aucun débat d’idées. Ce ne sont pas les orientations du parti qui sont en cause. Y a-t-il encore au PLQ assez d’orientations claires pour qu’on se chicane à leur propos ? Le conflit tourne autour des postes à attribuer.

Je ne veux pas minimiser la sensibilité humaine d’une députée qui sent qu’on ne respecte pas son ancienneté ou ses services rendus. Madame Nichols semble vraiment vexée. Et ce n’est pas une députée qui a causé du trouble habituellement. 

Mais vu du point de vue de l’organisation politique qu’est le Parti libéral du Québec, cette chicane est une honte sans nom. Le public voit des gens qui se tirent la couverture pour des postes, lesquels postes viennent avec des primes salariales. Le public voit des gens qui semblent peu prêts à jouer en équipe et peu sensibles à mettre cette équipe au service des Québécois.

Se battre pour qui ? Pour quoi ?

Ce poste de 3e vice-président tant convoité, je rappellerai qu’il envoie le député présider des travaux parlementaires. Le nommé ne peut donc plus être le critique de l’opposition dans un dossier. Dans une équipe en santé, où chacun veut mener bataille pour les idées du parti, on devrait fuir ce poste.

Durant toute la campagne électorale comme dans l’analyse des résultats, nous avons été nombreux à constater que le Parti libéral n’est plus associé à des idées précises. Les électeurs pouvaient bien ne pas saisir les priorités libérales. Les députés eux-mêmes ne semblent plus savoir pour quelles causes ils se battent. 

Le Parti libéral a beau avoir plus de sièges, Québec solidaire a la porte grande ouverte pour agir en opposition officielle.

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