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L'ambition de Marchand a fondu comme neige au soleil

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Où est passé ce nouveau maire de Québec ambitieux qui s’est autoproclamé capitaine tramway et qui, dès le lendemain de son élection, plaidait qu’il fallait commencer à envisager une phase deux pour assurer une vision cohérente de la mobilité dans la capitale ?

Le matin du 9 novembre 2021, le maire Bruno Marchand, fraîchement élu, accordait au Journal sa première entrevue éditoriale. Il y déclarait que la Ville et le gouvernement devaient avoir de l’ambition, qu’il fallait voir plus loin et ne pas s’enfermer dans un carcan financier.

«Il faut négocier, disait le maire. Il faut s’asseoir avec le gouvernement et voir le plan à long terme. C’est quoi, les phases deux ? Si on n’est jamais capables de présenter les phases deux, il y a des citoyens qui pensent qu’il n’y en aura jamais pour eux.»

Pas judicieux

Un an plus tard, force est de constater que l’ambition du maire, qui en janvier se disait prêt à défendre le projet avec «toute sa force, sa détermination et son acharnement», a fondu comme neige au soleil. 

En réponse à une sortie de la conseillère Jackie Smith, qui l’invitait à planifier dès maintenant la seconde phase et son financement, le maire a répondu que ce «ne serait pas judicieux».

En mission en France où il est beaucoup question du tramway, Bruno Marchand croit désormais que de planifier une phase deux «viendrait compromettre la phase un». 

Selon lui, il ne faut pas «dévier les énergies» du bureau de projet qui travaille sur la phase un. 

Mais comment justifier ce peu d’enthousiasme pour la suite du projet, alors que le gouvernement du Québec démontre désormais une ouverture et que le fédéral invite depuis deux ans à planifier la phase deux ? 

Lors d’une première entrevue éditoriale avec Le Journal, Jonatan Julien, ministre responsable de la région, a montré une bonne ouverture envers le projet et a lui-même évoqué une phase deux.

Il la situe cependant 10 à 15 ans après la réalisation de la première, ce qui est beaucoup trop éloigné. Or c’est à la Ville de voir à ce que la suite fasse partie des priorités à plus court terme. 

Puis, fin 2020, en entrevue, le ministre Duclos s’était dit «ouvert dès maintenant à des discussions pour les phases suivantes du tramway», auxquelles il fallait commencer à penser pour éviter d’être fossilisé dans la première. 

Quelques semaines plus tard, le fédéral annonçait qu’il bonifiait de 15 milliards l’enveloppe destinée aux investissements dans le transport en commun au pays.

Planifier la phase deux

Évidemment, l’idée n’est pas de demander au bureau de projet, qui en a plein les bras avec la phase un, de boucler la phase deux. 

Nous sommes après tout à quelques semaines d’une mise à jour des coûts qui, comme pour la plupart des projets d’infrastructures, auront explosé en raison du contexte économique. 

Mais ce qui serait «judicieux» de la part du maire, ce serait de commencer dès maintenant à parler de la phase deux publiquement, à y réfléchir et à inviter les citoyens à y réfléchir aussi. 

Au lieu de ça, le maire parle désormais de plusieurs mois à plusieurs années avant de s’attarder à la phase deux

Quand on constate l’étendue du processus entre l’idée et la première pelletée de terre, comme l’évoquait Mme Smith mardi, on est en droit de se demander jusqu’à quel point le maire croit vraiment à la suite du projet.

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