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Affaire Lacroix: la sexualité est un missile

Affaire Lacroix: la sexualité est un missile
Photo courtoisie, Patrick Seguin/TVA Publications

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Deux ans après la mise à mort de l’humoriste Julien Lacroix par de jeunes femmes qui avaient subi ses assauts répétés et qui revendiquaient un féminisme de combat, La Presse a publié cette semaine un reportage qui s’apparente à une bombe antipersonnel.

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En effet, des filles qui avaient aimé Julien Lacroix et qui avaient été attirées par sa popularité et son succès ont dénoncé ses «agressions» vécues par elles, on le comprend, alors qu’il était souvent dans un état éthylique avancé et sous l’effet de drogues diverses.

Or, aujourd’hui, certaines de ces jeunes femmes, qui buvaient elles aussi de l’alcool et consommaient de la drogue selon le principe reconnu de l’égalité des sexes, émettent des doutes sur leur témoignage et éprouvent un sentiment de culpabilité.

C’est bien connu, la sexualité et la culpabilité sont affaire de femmes plus souvent que d’hommes. Pour cause de différences culturelles entre les sexes, différences que les discours idéologiques tentent de nier.

Dérapages

Il fallait donc s’attendre à ce que les dénonciations publiques sur le thème de #moiaussi entraînent des dérapages sérieux. On n’insistera jamais assez sur les terribles conséquences qui s’ensuivent si on ne s’appuie pas sur l’état de droit et son principe de présomption d’innocence. Dans le cas de Lacroix, il s’agissait d’un lynchage d’un homme livré à la vindicte populaire des réseaux sociaux.

Le travail de nos consœurs du 98,5 et de La Presse qui ont revisité l’enquête publique publiée dans Le Devoir en 2020 est remarquable. Mais il est peut-être trop tard pour sauver l’humoriste Lacroix, aujourd’hui démoli et sans espoir d’être pardonné socialement.

Nombre de femmes qui ont vécu avant le mouvement #MeToo et qui ont été abusées, instrumentalisées et agressées physiquement, victimes permanentes des machos, ont survécu dans le silence et la honte.

Ce sont les femmes du féminisme qui ont obtenu le droit de vote, le droit de disposer de leur corps et l’accès aux études supérieures.

Relations homme femme

Elles ont réussi à maintenir des liens affectifs avec les hommes, qu’elles ont aimés et, disons-le, qui les ont, eux, admirées dans leur combat. Elles sont parvenues à ne pas généraliser en croyant que tous les hommes sont des violeurs potentiels, des salauds et des irresponsables.

Or, les générations de féministes idéologiques semblent confuses. Elles sont aveuglées à cause de leurs déceptions amoureuses. Elles ont tendance à dénigrer les hommes ou à les idéaliser, c’est-à-dire à les souhaiter à leur propre image.

Or, contrairement aux théories du genre à la mode, les hommes ne sont pas des femmes. Ils ne peuvent pas se comporter comme nos amies. Et encore, les relations amicales ou amoureuses entre femmes ne sont pas toutes vertueuses et idéales.

Répétons que les femmes ne sont pas par essence des victimes, pas plus que les hommes sont des bourreaux.

Ce sont les idéologies, les religions et les cultures archaïques qui en découlent qui écrasent les femmes. Certes dans nos démocraties, le machisme perdure. Mais avant de décréter qui sont les salauds qui nous dominent, nous, les femmes, devrions cesser de revêtir les habits de la victime. Car toute victime n’a d’avenir qu’à travers son bourreau.

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