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«Elle a dit» : La chute de la maison Weinstein

«Elle a dit» : La chute de la maison Weinstein
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Zoe Kazan, Carey Mulligan, Patricia Clarkson, Samantha Morton et Ashley Judd sont les visages cinématographiques de l’enquête des journalistes Jodi Kantor et Megan Twohey qui, en 2017, ont révélé les violences sexuelles commises par Harvey Weinstein. 

Les premiers mois de 2016, en pleine campagne électorale américaine, Megan Twohey (Carey Mulligan), journaliste au «New York Times» publie une série d’articles faisant la lumière sur les inconduites sexuelles de Donald Trump. Quelques mois plus tard, elle se joint à sa collègue Jodi Kantor (Zoe Kazan), alors en train d’enquêter sur Harvey Weinstein.

Au début, il y a une voix au téléphone, celle de Rose McGowan, qui raconte à Jodi Kantor avoir été violée et réduite au silence par Harvey Weinstein. Elle mène la journaliste à Ashley Judd — émouvante, car l’actrice y tient son propre rôle —, puis à d’autres au fur et à mesure des recherches. Zelda Perkins (Samantha Morton), Laura Madden (Jennifer Ehle), Rowena Chiu (Angela Yeoh) sont toutes d’anciennes employées de Miramax, la compagnie fondée par les frères Weinstein. Elles parlent, mais ne veulent pas être citées. Jodi Cantor et Megan Twohey persistent. Ont des conversations avec Gwyneth Paltrow — quelle intelligente décision de la cinéaste Maria Schrader que celle de ne jamais faire jouer les rôles d’actrices connues par d’autres —, se heurtent à un mur de silence, de honte et de peur.

Il n’y a rien de pire que de réduire une victime au silence, rien de pire que d’empêcher la liberté de parole, la liberté de pouvoir contrôler sa vie et son destin. Le mécanisme de fonctionnement de Harvey Weinstein – et à travers le producteur, de toute une industrie – est disséqué crûment, phrase après phrase, plan de caméra après plan de caméra. On entend des horreurs, toutes vraies. Comment le consentement d’une femme n’est pas clair, comment un homme peut décider de faire ou de défaire la carrière d’une femme, comment une femme n’a pas le droit de lire l’entente qu’elle vient de signer, comment la honte des femmes se mue en douleur, puis en désir d’en finir avec sa vie.

On voit des avocats, des comptables... autant de rouages d’un système rodé au quart de tour pendant des décennies d’attouchements, de propositions, d’agressions sexuelles, de règlements financiers. Et Weinstein nie – il n’est montré rapidement que de dos dans les locaux du «New York Times» puisque ce n’est pas son histoire —, intimide, harcèle les journalistes et l’équipe de rédaction du quotidien américain. Il embauchera même une compagnie de sécurité aux méthodes musclées, chargée de faire peur à toute personne qui voudrait se mettre en travers de son chemin.

Jodi Kantor et Megan Twohey réussissent peu à peu à convaincre quelques femmes de témoigner. Elles persistent et signent. Leur article paraît en une du quotidien le 5 octobre 2017. Cinq ans plus tard, Weinstein est de nouveau devant les tribunaux, californiens cette fois-ci, afin de continuer de répondre de ses crimes.

  • Note : 4/5
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