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Fentanyl: il meurt sous les yeux de son fils de neuf ans

Marie-Hélène Byrne
Photo le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin Marie-Hélène Byrne et ses trois garçons, Liam, Isaac et Jacob (de gauche à droite), ont respectivement perdu leur conjoint et leur père, David Richard, l’an passé, en raison d’une surdose de fentanyl.

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Le tout premier achat de fentanyl sur le marché noir a été fatal pour un père de famille devenu accro à ses médicaments, qui est mort d’une surdose sous les yeux de sa femme et de son fils de neuf ans.  

«Mes trois enfants n’ont plus de père. Ils méritent un père. C’est une mauvaise décision qui leur a tout retiré ça», lance Marie-Hélène Byrne. 

David Richard, son conjoint, est mort à 31 ans le 30 juillet 2021. C’est une deuxième surdose de fentanyl en l’espace de quelques jours qui l’a emporté. 

«J’ai vu son dernier souffle et c’est quelque chose qui me traumatise. Mon garçon de neuf ans a tout vu la scène. Je pense que c’est quelque chose qui peut traumatiser un enfant.» 

Peu de temps avant son décès, rien ne laissait présager que M. Richard allait connaître une telle fin. 

«C’était un père rempli d’amour pour ses trois enfants, explique Mme Byrne. Il s’en allait retourner aux études un mois plus tard. Il allait suivre un cours pour devenir électricien.» 

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DÉPENDANCE CACHÉE

Ce père de famille vivait toutefois discrètement avec une dépendance aux opioïdes qu’il avait lentement développée depuis 2015 lorsqu’on lui a diagnostiqué un trouble de la personnalité limite. 

«On lui avait prescrit des Ativan pour le calmer. À un certain point, ça ne faisait plus assez effet. Il en avait toujours besoin de plus», fait savoir sa conjointe. Il a ensuite réussi à se faire prescrire du Xanax, qui est à son tour devenu insuffisant. 

Sa dépendance s’est aggravée après avoir tombé d’une échelle alors qu’il peinturait. Un médecin lui a alors prescrit des opioïdes pour soulager sa blessure au dos. 

Devenu accro, il a vu sa vie basculer lorsque son médecin a mis fin à sa prescription. 

«C’est là qu’il a décidé d’aller voir dans la rue», lâche Marie-Hélène Byrne. 

«C’était le 29 juillet. Il a décidé d’aller à Montréal, à Berri-UQAM. Il est sorti du métro et la première personne à qui il a demandé lui aurait offert du fentanyl.» 

Selon ce qu’il a pu raconter à sa conjointe avant de mourir, M. Richard aurait acheté un kit de consommation et se serait fait expliquer comment l’utiliser. 

Le jour même, M. Richard a fait une première surdose en consommant ce qu’il venait d’acheter. 

RECHUTE FATALE

Sauvé de justesse par la réanimation des ambulanciers et hospitalisé, il a promis à sa conjointe de ne plus toucher à la drogue. 

Pourtant, quelques heures après son congé de l’hôpital, M. Richard a fait une deuxième surdose, cette fois fatale, devant son garçon et sa conjointe. 

«J’avais beaucoup de peine, mais aussi de frustration. Sur le coup, tu te demandes comment cette personne peut te mentir. Ça m’a choquée de le réanimer une fois et ensuite il me refait vivre ça.» 

Selon le rapport du coroner, ce que M. Richard a consommé contenait entre autres du fentanyl et de l’étizolam. C’est le mélange toxique de ces deux substances qui a mené à son décès. 

Si Mme Byrne a accepté de témoigner, c’est pour avertir les gens et les faire «penser 100 fois avant de prendre du fentanyl dans la rue». 

«Je trouve qu’il n’y a pas assez de campagnes de sensibilisation, surtout à Montréal. Il n’y a pas de pancartes qui parlent des risques du fentanyl, des conséquences liées à faire l’achat de ces substances-là.»

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