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Pourquoi Xi tente d'humilier Trudeau

Pourquoi Xi tente d'humilier Trudeau
AFP

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Mettons deux choses au point: 1) il est normal pour les chefs d’État de révéler à la presse les sujets qui ont été discutés avec d’autres chefs d’États et 2) Xi Jinping était parfaitement conscient de la présence de caméras lors de son altercation avec Justin Trudeau. 

Dans ce contexte, Xi Jinping a tenté d’humilier Trudeau en public en l’accusant d’avoir coulé aux médias des informations sur leur conversation de la veille. 

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement chinois tente ainsi de rabaisser le Canada ou ses représentants.

Stéphane Dion, lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, avait été durement apostrophé en public par Wang Yi, de manière inattendue et très peu diplomatique. En fait, Dion a été la première victime de ce qui, plus tard, prendra le nom de la diplomatie du loup combattant. Cette approche n’est rien de moins que l’extension au niveau international du ton autoritaire agressif que le Parti communiste chinois utilise envers les Chinois en général, surtout quand il est pris en défaut.

Canada pas seul

Le Canada n’est pas le seul pays à subir les remontrances de la Chine. L’Australie est placée dans la même catégorie que le Canada, c’est-à-dire celle des puissances moyennes qui osent parler d’égal à égal avec la Chine de Xi.

Car tel est l’ultime message de Xi à l’endroit des pays qui ne sont pas de grandes puissances: fermez vos gueules. 

Le message du dictateur est le même envers sa population en général et les membres de son parti.

Maillon faible

Face à Xi, Justin Trudeau et Mélanie Joly ne font pas le poids. Leur méconnaissance des relations internationales est criante et, malgré toute la compétence des équipes qu’ils peuvent avoir en dessous d’eux, ils sont à l’évidence incapables de défendre correctement leurs dossiers dans le domaine.

Il y a quelques jours, par exemple, Madame Joly a lu à Toronto un très beau discours sur la nouvelle orientation politique du Canada dans la région indopacifique. Mais ensuite, dans la discussion qui a suivi, elle s’est révélée inapte à répondre aux questions que posait le modérateur. L’agacement de ce dernier était d’ailleurs visible. Manifestement, elle n’avait pas écrit le discours qu’elle avait prononcé. Ce n’est pas elle qui pense la politique étrangère du Canada.

En attaquant Trudeau et le Canada, Xi attaque le maillon faible parmi les dirigeants des pays démocratiques.

Cependant, la réponse de Trudeau à l’apostrophe grossière de Xi a été correcte dans les circonstances. Il a simplement dit que le Canada avait ses façons de faire qui différaient de celles de la Chine, mais qu’il était toujours prêt à discuter.

«D’accord, mais à mes conditions», lui a pratiquement rétorqué Xi. C’est bien là le problème. Les conditions des dictatures sont irrecevables. 

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